par Anne Dulphy
Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure Sèvres/Ulm, agrégée et docteur en histoire, Anne Dulphy est maître de conférences à l'Ecole polytechnique et à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est spécialiste de l'histoire des relations internationales, et ses travaux portent sur la politique extérieure de la France, en particulier dans ses rapports avec l'Espagne et dans les interactions entre politique intérieure et diplomatie.
Face à un tel sujet (1), deux représentations schématiques affirment comme étant d’évidence, mais leur caractère contradictoire révèle d'emblée qu'elles font écran à une réalité autrement complexe. D'un côté, le syndrome de la guerre civile a conduit à présupposer qu'un pouvoir dictatorial fondé sur une conjuration militaire réussie, conforté par l'aide des puissances de l'Axe et marqué par l'anticommunismene pouvait qu'apporter son soutien à la lutte pour l'Algérie française; la création de l'OAS à Madrid début 1961, l'existence d'une branche espagnole de cette Organisation pendant plusieurs mois, l'exil de nombre de ses membres dans la péninsule après l'indépendance, enfin, confortèrent cette lecture qui englobe dans une même réprobation des activistes fascisants, des officiers factieux et un régime franquiste que l'opinion française dans sa très grande majorité persistait à juger infréquentable depuis la Seconde Guerre mondiale.
De
l'autre côté, certains des dirigeants de l'OAS
onteffectivement
espéré
un
appui
officiel et guetté les signes
en
ce
sens(2), mais
leurs
souvenirs
écrits
comme leurs
témoignages oraux rendent compte de la vanité de
ces illusions; le plus imprégné par la mythologie
nationaliste de 1936, Jean-Claude Pérez, est aussi le plus amer
et
va jusqu'à voir la main des services spéciaux
franquistes dans l'aide que certains communistes
espagnols réfugiés en Algérie ont apporté
au FLN.

L’ambivalence franquiste face à la guerre d’Algérie
La
lecture franquiste de la guerre
d'Algérie
a
considérablement
évolué,
de
part et d'autre d'un tournant situé
en
1957. Conservant ses possessions
africaines
sans
se
définir
comme
une
puissance
impérialiste,
l'Espagne
a
d'abord
trouvé
une
nouvelle
actualité
à
son
ambition
diplomatique
traditionnelle,
servir de charnière entre
l'Orient
et
l'Occident,
dans
la
remise
en
cause de la présence française en
Afrique
du
Nord:
aussi
a-t-elle
explicitement
adopté « une attitude d'opposition
ouverte»(5)
à
la
France et prit
position
pour
«
l'émancipation
des...
peuples
méditerranéens
».
Puis
le
régime
a
évolué
vers
une
convergence
avec les thèses françaises sur
l'Algérie,
insérant
son
dialogue
privilégié
avec l'islam « dans un ensemble
occidental
dont
(il)
se
sent
(ait)
de
plus en plus solidaire » (6).
Il est l'un des
rares gouvernements occidentaux
à
avoir
été
convaincu
par
l'argumentation
assimilant lutte contre le FLN
et
résistance à l'expansionnisme soviétique, à
avoir fait sienne la
conception
d'une
Algérie
«
province
française
».


L'accession du Maroc à l'indépendance, et par conséquent la perte de la zone septentrionale, marquèrent toutefois les limites de cette politique et conduisirent le ministre des Affaires extérieures Alberto Martin Artajo à envisager, fin 1955, « de rechercher avec la France la sauvegarde d'intérêts communs, entente d'autant plus indispensable que l'Afrique est désormais l'enjeu de la politique soviétique » (11). Cette solidarité objective, avec pour but le maintien de l'Espagne dans la zone saharienne, contribua à l'infléchissement pro-occidental effectivement observé courant 1956, mais la révision n'était qu'amorcée : « un climat de hargne et de mauvaisehumeur » (13) était entretenu par les milieux - la vieille garde phalangiste francophobe, le ministère de l'Information, les diplomates tournés vers le monde arabe - qui voulaient entraver le rapprochement souhaité par les autorités militaires, au premier rang desquelles le ministre et général Muňoz Grandes (14), ou les responsables des Affaires extérieures au nom de la préservation de la puissance espagnole en Afrique. Les pourparlers militaires sur les questions marocaines constituèrent toutefois un levier utilisé par la France pour solliciter « un gage de loyauté à l'égard des intérêts occidentaux en Afrique » lors de l'examen de la question algérienne par la 11e session de l'ONU. Certes, dans son discours à la tribune le 20 novembre, Alberto Martin Artajo resta fidèle à une rhétorique tiers-mondiste en marquant l'appui accordé par son pays « aux États récemment admis et qui ont secoué les chaînes du colonialisme et des protectorats ». Mais les manifestations de ralliement à la thèse française furent favorisées, d'un côté, par la forte pression diplomatique française et, de l'autre, par l'action personnelle du délégué espagnol José Félix de Lequerica qui semblait interpréter ses instructions dans le sens le plus ouvert. Il a notamment appuyé son discours en commission sur le principe intangible de non-ingérence et placé l'Algérie dans le domaine réservé de la France; son souci de compromis se retrouva dans ses votes de février 1957.
C'est
alors que se produisit le tournant
décisif
avec
le
remaniement
qui
porta
aux affaires, à la grande satisfaction
des diplomates français, « une nouvelle
équipe ministérielle, jeune et
consciente de la mission européenne
de son pays, qui s'est trouvée dans
une conjoncture favorable pour affirmer
sa
solidarité
avec
le
bloc
occidental
et en particulier avec la France, à
la
fois
afin
de
se
dégager
d'un
tête-à-tête
trop
inégal
avec
les États-Unis et
de renforcer les intérêts communs tant
en Europe qu'en Afrique » (15).
Le remplacement
immédiat du directeur général
de
la
Presse
au
ministère
de
l'Information,
Juan
Gômez
Aparicio,
mit
un terme aux campagnes hostiles à
la
France
en
Algérie:
le
caractère
patriotique
de son action fut pour la première
fois
souligné,
de
même
que
la
contribution
des colons espagnols à son
œuvre coloniale et civilisatrice. Les
décideurs
français
saisirent
cette
occasion
favorable
pour élargir au plan
diplomatique les échanges engagés
sur le terrain militaire : premier membre
d'un
gouvernement
français
à
rencontrer
officiellement un ministre
franquiste, le secrétaire d'État
Maurice Faure ouvrit le 24 août la page
de la collaboration économique et
politique entre les deux pays. Tel était
l'objectif
exprimé
par
son
interlocuteur
Fernando
Maria Castiella dès son arrivée au palais de Santa Cruz,
« notamment en ce qui concerne
la sécurité en Afrique du Nord et dans
les confins sahariens » (16).


La péninsule, base de repli et terre d’asile
Dans
un article publié au lendemain de
l'épisode des barricades, le phalangiste
Ramôn Serrano Suňer révélait
l'inquiétude que l'aggravation de la
crise algérienne soulevait en Espagne tout en examinant celle-ci
d'une
manière pleine de compréhension
pour le point de
vue
des insurgés : « Le problème
algérien... ne pouvait,
à la faveur des événements du 13 mai, recevoir
d'autre solution
que
celle de conserver d'une manière ou
d'une autre l'Algérie à la France et à l'Europe...
Dans ce sens,
le mandat reçu
par De Gaulle, le mandat de l'armée
d'Algérie
ratifié
par
la
nation
française,
ne
semblait pas prêter à équivoque...
Le
chemin
semblait
clair
mais,
quelques mois plus tard, il s'obscurcissait
à
nouveau
et
la
situation
devenait complexe et confuse... Ceux qui avaient porté le chef
de
l'État
au pouvoir s'estimèrent trompés, tandis que ceux qui
l'avaient
accepté de
mauvaise grâce, les communistes et
une partie des socialistes, ont acquis le droit d'orienter la marche
des événements, réclamant l'écrasement
des patriotes insurgés, mais non celui
des rebelles du FLN, ennemis jurés
de
la
France...
En
réalité,
deux
éléments
de
poids
très différents se trouvent réunis dans
la balance de
l'Algérie. D'un côté, une province
européenne, non pas une
colonie exploitée, augmentée de masses d'indigènes
fiers de participer à une civilisation
supérieure;
de
l'autre,
un
fantôme
idéologique incarné par des minorités
violentes... « Nous autres Espagnols, oubliant de vieilles
querelles, nous souhaitons ardemment que l'homme
qui représente la
France et l'Europe
dans ce conflit ne limite pas son action à soutenir simplement
cette balance,
car elle n'est certainement
pas la
balance de la justice
»
(23).
La
solidarité dont firent effectivement
preuve
les
milieux
phalangistes
ne doit pas occulter la prudente
expectative
du
pouvoir
franquiste
face aux activistes présents sur son
sol, avant qu'il n'opte clairement pour
la
coopération
avec
les
autorités
françaises.

Pierre Lagaillarde
et
Jean-Jacques Susini
L'année 1960 a vu l'arrivée dans la péninsule de Joseph Ortiz en mai, du général Salan et de Jean Ferrandi en novembre, enfin des inculpés après la semaine des barricades Pierre Lagaillarde, Marcel Ronda et Jean-Jacques Susini, qui avaient profité de la liberté provisoire pendant le procès. Leurs séjours furent plus ou moins durables, le général Salan et Jean-Jacques Susini retournant à Alger au moment du putsch. D’autres les rejoignirent en 1961, comme Charles Lacheroy puis Antoine Argoud en juillet.. Quel que soit le « romantisme » franquiste ou phalangiste des plus politisés, le choix de l'Espagne résultait surtout de l'accueil libéral offert par un pays voisin de la France et peu éloigné des côtes algériennes. Les témoignages rendent compte de l'action de cette « poignée » d'hommes déterminés, une vingtaine, et des ambiguïtés de la politique franquiste. Début 1961, peu après que le principe d'autodétermination eut été adopté par référendum le 8 janvier, Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini donnèrent le nom d'Organisation Armée Secrète au mouvement structuré et discipliné qu'ils proposaient de créer. L'Organisation s'est effectivement développée à Alger autour du général Salan après l'échec du putsch, mais les liaisons étaient difficiles avec les « Espagnols», divisés qui plus est entre le groupe d'Ortiz et celui de Lagaillarde, les « Madrilènes » (24). Un clivage idéologique, stratégique et structurel opposa ces derniers à l'état-major de l'OAS. Leur projet s'appuyait sur la création d'une direction centrale et d'écoles de cadres à l'extérieur, Madrid étant « dans le contexte international... la seule capitale possible » selon Antoine Argoud (25), afin de disposer du recul nécessaire pour orienter l'action; il faisait donc de l'Espagne une base de combat. Alger exigeait au contraire d'impulser l'action et d'avoir le monopole de la représentation. L'échec du putsch conduisit aussi les « Madrilènes » à préconiser une autre voie que la seule défense patriotique; Argoud, Lacheroy, Lagaillarde, le docteur Lefèvre et Jean Méningaud lancèrent début septembre un manifeste idéologique, « l'appel aux Français », fondant la mobilisation morale qu'ils jugeaient nécessaire face au « déclin de l'Occident » sur un « ordre nouveau » de nature corporatiste et autoritaire; ce programme à forte connotation traditionaliste visait à restaurer les « cadres naturels de la vie », familles, communautés de travail, provinces, dans un régime centré « sur la finalité chrétienne de l'homme ». Une fin de non-recevoir fut immédiatement opposée par Alger, peu avant que la branche espagnole ne soit paralysée par les arrestations opérées dans les seules troupes dont elle disposait en France, celles du réseau Maquis-Résurrection-Patrie du poujadiste Marcel Bouyer, puis surtout par sa propre mise en détention le 6 octobre. Cette opération de police effectuée au moment même où devait se tenir une réunion d’unification à la demande d’Alger fut imputée par Argoud, Lacheroy, Lagaillarde et Ortiz aux pressions « exercées par le général Salan », mais elle traduit essentiellement les équivoques du régime franquiste.
Notes
1- Cet article reprend,
dans une version allégée de ses notes, la communication
présentée au colloque international sur «
L'Europe face à son passé colonial »
organisé par Olivier Dard et Daniel Lefeuvre, fin avril 2007 à
l'université Paul-Verlaine de Metz.
2- DARD (Olivier), Voyage au creux de
l'0AS, Paris, Perrin, 2005, p. 141, cite un message
de l'ORO, rédigé sans doute par Jean-Claude Pérez, sur des
manifestations de soutien à Séville lors du 25e anniversaire du pronunciamiento franquiste : « dans le
défilé des troupes, les tambours militaires battaient les
cinq notes « Algérie française » tandis que la
foule espagnole reprenait en cœur et en français «
Algérie française ».
In
« l’Algérianiste »
n°120
À l'évidence le pouvoir
espagnol n'avait pas vraiment exigé le respect des conditions
posées
à l'asile de
facto, ni
activité ou prise de position politiques, ni utilisation du
territoire péninsulaire pour se rendre en Algérie, et
avait offert
des protections particulière à certains. Le cas du
général Salan
est emblématique. On connaît par son aide de camp jean
Ferrandi les
conditions dans lesquelles tous deux gagnèrent clandestinement
l'Espagne: c'est à l'ambassade à Paris, où le
général avait été
convié le 13 octobre, que l'offre de se réfugier dans la
péninsule
lui fut faite, assortie de la promesse de «
toute
l'aide
matérielle
et
morale
»
nécessaire (1).
Il s'y installa ouvertement et fréquenta la bonne
société, en
particulier le beau-frère du général Franco,
Ramôn Serrano Suñer.
C'est sur le soutien du « réseau d'anciens fidèles
» de ce
dernier, les camisas
viejas phalangistes,
qu'il put s'appuyer pour s'envoler discrètement vers Alger au
moment
du putsch le 23 avril 1961; « admirable de dévouement
», Ramôn
Serrano Suñer fit héberger les fugitifs chez des
amis, puis
leur procura un avion par l'intermédiaire de Narciso Perales,
directeur national de la Médecine du travail, ainsi qu'un
pilote, Carlos Texidor, ancien de la division Azul.
La même
camarilla
accorda
sa protection à Marcel Ronda, laissé sur place, avant de
l'accompagner à Palma de Majorque où il put s'embarquer
sur un
voilier à la fin de l'année (2).
Arrivé
lui aussi en 1960 après s'être évadé de
prison, Philippe Castille
fournit un témoignage convergent sur l'asile offert par les
autorités et sur le soutien phalangiste; il assure même
que l'OAS
avait donné à son protecteur Ramôn Serrano
Suñer un surnom,
Aurélien (3).
Ce
dernier recourut largement à la presse du parti unique pour
faire l'apologie des « patriotes français »
défenseurs de la
continuité territoriale en Afrique face au « traître
» tenté
d'amputer le patrimoine national (4).
Ce
sentiment de proximité idéologique, sur fond de
nationalisme et
d'anticommunisme, a certainement justifié l'engagement de la
vieille
garde phalangiste, mais il faut aussi y voir l'attrait teinté de
nostalgie pour l'aventure de jeunes activistes. Le
général Salan ne
se lassa-t-il pas vite de toutes les vieilles histoires d'un temps
révolu » (5)
ressassées
par l'ancien ministre des Affaires extérieures, limogé en
septembre
1942 ? Et Jean Ferrandi ne pose-t-il pas la question essentielle
lorsqu'il se demande «
de quelle autorité dispose réellement aujourd'hui
(leur) hôte
? »
(6).
L'interrogation
vaut pour tous leurs soutiens issus de la minorité phalangiste
révolutionnaire en dissidence par rapport au Mouvement
franquiste officiel espagnole, trop « pressante » pour
n'avoir
pas été le signe d'une collaboration « totale
» entre les deux
pays. Fin 1960, l'ambassadeur
Roland de Margerie estimait que, «
soucieux de sauvegarder de bonnes relations avec Paris », le
pouvoir franquiste n'entendait
pas « porter
officiellement atteinte à la politique algérienne »
du
général De Gaulle; aussi, quelle que
soit sa
sympathie pour une cause dont il se sentait proche, les
impératifs
politiques l'amenaient
à « contenir
sa pensée intime, sans aller jusqu'à empêcher que
d'autres ne
l'expriment
par voie de presse »
(7).
Dans
cette perspective, les appuis fournis par certains membres du parti
unique et de l'armée ont sans doute été un
moyen pour le
régime de ne pas s'engager tout en disposant d'une monnaie
d'échange
ultérieure avec le gouvernement français. « On
comprendra que, sur de tels sables mouvants, l'action soit
malaisée
pour
ceux,
fugitifs ou retraités qui, mettant le pied sur le sol de
l'Espagne,
pensaient trouver un tremplin », concluait
l'ambassadeur
(8).
Pour
preuve, fin 1960, les journaux ABC
- quotidien
proche de Fernando Maria Castiella - et El
Espanol - hebdomadaire
publié par la direction de l'Information - exclurent
formellement
que le sol péninsulaire accueillît une autorité
française
dissidente. Le général Salan fut dès lors l'objet
d'une
surveillance accrue, et on lui rappela l'interdiction de se rendre en
Algérie depuis l'Espagne; il opta pour un départ
clandestin en
avril suivant, préférant subir à Alger les
contraintes de la
clandestinité plutôt que de rester coincé
» (9)
dans la
péninsule avec une liberté d'action illusoire.
Le 7 septembre 1961,
la tentative d'attentat de Pont-sur-Seine contre le chef
de l'État français permit au pouvoir franquiste d'abattre
son jeu.
Mettant un terme à sa politique d'attente, neutralisa la branche
espagnole de l'OAS par une
quinzaine de placements en détention le 6 octobre, puis leur
assignation à résidence le 26; l'opération prit de
court les
activistes, arrêtés par les policiers qu'ils
côtoyaient, y compris
le colonel Eduardo Blanco Rodriguez, chef de la Direcciôn general
de
Seguridad. En parallèle, le 14 octobre, la liberté
d'expression et
les activités politiques de l'exil républicain dans
l'hexagone
étaient fortement limitées par un Conseil des ministres
restreint.
Au terme de sa mission, fin mai 1962, l'ambassadeur Roland de
Margerie pouvait donc se réjouir que « les
menées... des activistes
français
»
eussent en fin de compte approfondi la solidarité
bilatérale :
celle-ci s'est exprimée dans « une
double
action
parallèle
dont
il
restera
peu
de
traces
dans les
dossiers, mais qui a donné lieu à de multiples et
délicates
démarches, a beaucoup fait pour diminuer le contentieux
surtout
psychologique qui subsistait entre Paris et Madrid
» et pour accroître la compréhension
réciproque (10).
Fin juin 1962, la plupart des chefs de l'OAS, les commandos Delta, la majorité des colonels... ont rallié les côtes espagnoles en utilisant toutes sortes d'embarcations, voire en se glissant dans les navires affrétés par le gouvernement espagnol pour évacuer d'Oran plus de 4000 de ses ressortissants. Jo Torroja raconte ainsi que le capitaine du Virgen-de-Africa et les autorités consulaires ont refusé que la police française monte à bord pour opérer un contrôle d'identité (11). Au débarquement, les autorités franquistes ont fermé les yeux sur les passagers en situation irrégulière.
Un mouvement massif de milliers de Pieds-Noirs liés à la péninsule par la nationalité ou l'ascendance, de réfugiés désemparés et remplis d'amertume vis-à-vis de la métropole, se produisait depuis le printemps (12). Fondé sur les proximités historiques et géographiques entre les deux rives, en particulier le Levant et l'Oranie, cet exode était entretenu par l'absence de restriction policière ou douanière, par l'accueil chaleureux, par les facilités d'installation, par la modestie du coût de la vie et la possibilité de faire fructifier un modeste capital. Tous les récits font état de la chaîne de solidarité humaine qui entoura les arrivants. « Les autorités alicantines ont fait merveille... Boissons, sandwiches, aide pécuniaire... Mille attentions… Inoubliable réception qui mit du baume au cœur » (13). À Alicante, le gouverneur civil Felipe Arche Hermosa et son secrétaire Felipe Choclan ont coordonné l'accueil avec le maire Agatengelo Soler et la Croix-Rouge, procurant des logements, des secours matériels et financiers grâce à des dons et des souscriptions. Antoine Cerdan raconte qu'un des adjoints municipaux, José Cartagena-Sampere, le mena lui-même à son hôtel (14).
Plusieurs dizaines de milliers de réfugiés ont débarqué dans ce port, souvent en transit, d'autres sont venus s'établir après un détour dans une région plus industrialisée de la péninsule ou une tentative infructueuse en métropole. Un flux important s'est aussi dirigé vers Madrid et Saint-Sébastien, un millier de personnes se répartissant enfin entre Bilbao, Séville et Palma de Majorque. Il n'en reste pas moins que le mouvement de migration vers Alicante et sa province a été exceptionnel par son ampleur et sa concentration spatiale, créant une communauté durable dont la quantification n'est pas chose aisée. Des chiffres élevés ont été avancés, 15 000 pour la ville d'Alicante, 30 000 pour la province et 50 000 pour l'Espagne, et sont devenus des références (15). Selon les renseignements fournis confidentiellement à la représentation diplomatique française par les services provinciaux de la Sûreté espagnole en 1967, 29 000 personnes sont arrivées la région d'Alicante entre 1958 et fin 1965: 11 000 Espagnols, 13 000 étrangers, français à 90 % soit près de 11 700, et 4 900 doubles nationaux; si l'on tient compte, à la hausse, des divergences de conception en matière de nationalité, celles des jeunes nés en Algérie de parents espagnols, par exemple, français conformément à la loi de 1889 mais pas au regard des autorités franquistes et, à la baisse, du nombre de ceux qui, de nationalité espagnole, étaient de langue et de formation françaises et considérés comme tels par la colonie, le nombre de résidants Français d'Algérie dans la région alicantine peut être estimé entre 15 000 et 20 000 pour les années 1960 (16). Les registres consulaires ne comptabilisaient que 6 000 immatriculés en 1970: il s'agit d'un repère minimal, le décalage avec la réalité, longtemps très important, commençant seulement à se réduire (17). Cette colonie avait un niveau socio-économique modeste de petite classe moyenne à l'image de la société coloniale; le petit commerce a été favorisé par les banques pour combler la carence des activités tertiaires dans la péninsule. Les plus dynamiques ont trouvé dans le décollage économique de l'Espagne des années 1960 un terrain favorable à leur tempérament de pionnier : Alicante leur doit sa première discothèque, sa première teinturerie industrielle, son premier supermarché..., en bref sa physionomie moderne. Cette « nouvelle Algérie en terre d'Espagne » (18), dont la sociabilité se cristallisa autour de la Nouvelle école française créée dès la rentrée 1962, du journal Le Courrier du soleil publié de décembre 1965 à mars 1967, de la messe célébrée à l'église des Augustines par un prêtre pied-noir d'expression espagnole, a toujours éprouvé une vive reconnaissance envers les autorités, notamment municipales. Celle-ci s'est exprimée ouvertement lorsque, le 23 décembre 1970, une délégation française comprenant plusieurs responsables d'associations prit la tête d'un défilé pro franquiste, munie de drapeaux et de banderoles proclamant « les Français d'Espagne avec Franco »; cet épisode révèle également les liens étroits entretenus par certains d'entre eux avec les responsables régionaux du Movimiento. De même le réseau de soutien phalangiste s'était-il à nouveau mobilisé pour d'anciens combattants de l'OAS réfugiés dans la péninsule, mais seuls des témoignages épars l'attestent de manière allusive. Marcel Ronda vécut les six mois suivant son arrivée avec les papiers d'un phalangiste. Jean-Claude Pérez bénéficia du soutien de Narciso Perales - dont il dissimule le nom sous un pseudonyme transparent dans ses souvenirs Debout dans ma mémoire. L'historien Stanley Payne signale que Perales était l'animateur de la mouvance phalangiste révolutionnaire, à l'origine de plusieurs groupuscules semi-clandestins d'opposition (19). Le colonel Gardes était en revanche lié à José Solis, ministre du parti unique, ainsi qu'à plusieurs militaires de haut rang connus au Maroc, et il fut chargé lors d'une réunion de coordination à Barcelone du contact avec les autorités franquistes (20). Les exilés de l'OAS formaient en effet un « milieu marqué par la politique » et divisé en factions rivales, bien que le général Gardy eût été nommé vice-président du CNR en novembre 1962 pour représenter « les Espagnols ». La présence de ce dernier, du colonel Dufour et de Jean-Claude Pérez à Saint-Sébastien lui donnait une « allure de capitale de l'OAS-Algérie-Sahara en exil », pour reprendre la formule de Jean Curutchet. Le colonel Broizat vivait à Madrid, Joseph Ortiz, le docteur Kovacs, Jacques Achard et Jean-René Souètre à Palma de Majorque Athanase Georgeopoulos, Robert Tabarot, Michel de la Bigne et Camille Vignau dans la région d'Alicante... Pour occuper leurs troupes, des centres d'entraînement furent créés à Arenys-de-Mar et Reus en Catalogne, à Saint-Sébastien et à Alicante. Puis on installa des écoles conjuguant formation politique, entraînement physique et préparation militaire - sur le modèle des organisations d'exilés cubains - à Villfogona de Riucop, près de Tarragone, et à San Vicente près d'Alicante. À Salou, dans les environs de Tarragone, Nicolas Géli créa une entreprise de travaux publics pour faire vivre d'anciens membres de l'OAS et maintenir leur esprit combatif (21), ce qui n'est pas sans évoquer les firmes qui regroupaient d'anciens guérilleros communistes et constituaient l'ossature de l'organisation paramilitaire du PCE dans le sud-ouest de l'hexagone après 1945. Mais ce militantisme direct s'est assez vite assoupi, faute de moyens d'action et de perspectives politiques.
La collaboration policière franco-espagnole y contribua. Chargé du dossier espagnol aux Renseignements généraux, le commissaire principal Michel Baroin l'amorça dès l'été 1962 en établissant le contact entre son directeur Jules Plettner et le colonel Blanco.
Soucieuses de neutraliser les activistes, les autorités franquistes acceptèrent en octobre de refouler les unités combattantes de Saint-Sébastien vers Alicante, puis leur proposèrent de s'engager dans la Légion. Par des contrôles policiers, des tracasseries administratives, elles instaurèrent un climat d’insécurité, mais exigèrent des contreparties pour agir plus directement. Sans doute des assurances en ce sens furent-elles obtenues par le colonel Blanco lorsque, à Noël, il vint à Paris rencontrer le ministre de l'Intérieur Roger Frey puisque le pouvoir franquiste fit l'ouverture politique décisive le 18 janvier 1963. Accompagné des directeurs techniques compétents, Roger Frey se rendit en Espagne dès la fin du mois : le 29, il signa avec son homologue Camilo Alonso Vega un accord lui garantissant une contribution active à « la répression des complots activistes »; de nouvelles mesures de réciprocité furent prises à l'encontre de l'antifranquisme communiste et anarchiste réfugié dans l'hexagone... Des expulsions furent décidées, Jean-Claude Pérez immédiatement, mais il revint trois mois après vivre semi clandestinement en Espagne, Jean Gardes en mars, des assignations demandées. Il est vrai que ces « meneurs irréductibles » constituaient une charge encombrante pour le régime espagnol qui, avec la venue d'un ministre « politique », obtint de la France gaullienne une indéniable satisfaction d'ordre international. Une fois isolés les éléments les plus dangereux, celle-ci souhaitait aussi réintégrer dans la communauté nationale les militants de base de l'OAS sous le coup d'une procédure judiciaire. Les difficultés consécutives à l'exode avaient en effet détourné la grande majorité d'une lutte politique qui avait par ailleurs perdu son sens avec l'indépendance de l'Algérie. En situation irrégulière, ils ne pouvaient obtenir un emploi et vivaient dans le dénuement.
Aussi l'opération Réconciliation engagée en août 1963 fut-elle synonyme de régularisation civile et judiciaire. À son terme, deux ans plus tard, elle avait concerné 250 personnes, dont plusieurs criminels de sang, qui furent dotées d'attestations destinées aux autorités franquistes ainsi que de passeports valables en Espagne et hors d'Europe, et purent ainsi s'insérer. Ce succès provoqua la désagrégation des commandos et la colère des plus durs, comme Jean-Claude Pérez qui dénonce un « travail de désunion au sein des réfugiés de l'OAS en Espagne »(22). La loi d'amnistie du 24 juillet 1968 constitua l'aboutissement de la stratégie française qui a tendu à faire rentrer dans le giron national, par le rapatriement ou la légalisation de l'expatriation, une population en désarroi afin d'éviter toute dérive activiste. Synonyme de régularisation collective, elle a été le prélude à de nombreux retours, parfois différés de quelques années en raison d'une implantation professionnelle réussie(23).
D'autres, comme André Achiary, Josué Giner, dit Jésus de Bab-el-Oued, et Pierre Vignau, se sont définitivement fixés en Espagne.
Des affinités idéologiques ?
Parmi ceux qui instruisirent à l’époque le procès contre une OAS fasciste, le directeur de Témoignage chrétien Georges Montaron établit une comparaison avec le franquisme et le salazarisme parce qu'ils partageaient le fait d'avoir l'armée et l'intégrisme catholique pour piliers, et non les forces sociales. Même si cette analyse fait l'impasse sur le fossé séparant le fascisme de l'autoritarisme réactionnaire, elle souligne que la lutte pour l'Algérie française a revêtu des aspects qui peuvent rappeler celle du camp national espagnol depuis 1936. Il convient donc de les préciser et de s'interroger sur un éventuel modèle franquiste ou phalangiste.
Le recours à une dynamique militaire, le droit de l'armée à la désobéissance au nom d'une légitimité nationale, théorisés notamment par Esprit public, ce périodique qui fut le creuset intellectuel de l'idéologie Algérie française, constituent une première thématique de rapprochement. Un scénario d'insurrection à l'espagnole, articulé autour d'un pronunciamiento militaire faisant basculer l'armée et d'une levée en masse des Européens d'Algérie, fut effectivement envisagé à plusieurs reprises, avec le risque de guerre civile. La conjuration militaire de juillet 1936 constituait un précédent d'autant plus séduisant qu'elle fut déclenchée par les troupes coloniales du Maroc (24). La référence est explicite dans la présentation que fait Claude Mouton du « christianisme national » de Robert Martel: il s'agissait de « renverser (la République) à partir de l'Algérie... un peu comme a fait Franco en partant des colonies espagnoles » (25). Le pustch du 22 avril 1961 relève de fait du même schéma : comme en Espagne face à la reconnaissance des autonomies par la Seconde République, la défense de l'intégrité nationale structura la rébellion, et l'ouverture imminente des négociations avec le GPRA à Evian joua un rôle d'accélérateur dans le ralliement du général Challe au complot préparé par des groupes d'officiers. Mais les chefs militaires ne suivirent pas et, loin de se décomposer, l'État fit face avec fermeté. L'OAS mit aussi ses espoirs dans un coup d'État militaire appuyé sur le soutien d'une force populaire; les officiers de l'Organisation escomptaient que l'abandon de l'Algérie provoquerait un sursaut nationaliste de l'armée, mais celle-ci n'a pas repris à son compte le rôle, récurrent en Espagne depuis le XIXe siècle, de recours autoritaire en situation de crise. Bien plus, la référence incantatoire à l'armée ne fut pas toujours synonyme de sympathie pour le franquisme; la rédaction d'Esprit public l'atteste qui, rappelant « les tribunaux d'exception, les jugements sans appel et les fusillades à l'aube » (24), rangeait la dictature dans « l’Europe policière » et concluait en jugeant sa « chasse aux activistes » conforme à son passé profasciste: « L'attitude de l'Espagne franquiste à l'égard de la France gaulliste n'est pas différente de son attitude à l'égard de l'Allemagne hitlérienne. Elle traque les résistants français en 1963 comme elle le faisait en 1942 » (27).
Le coup de force militaire se voulait le prélude à une régénération nationale qui a pris la forme du national-catholicisme dans l'activisme contre-révolutionnaire. Le Mouvement Populaire du 13 mai (MP 13) de Robert Martel, le Mouvement pour l'instauration d'un ordre corporatif (MPIOC) du docteur Lefèvre, le Mouvement français de combat contre-révolutionnaire (MCR) créé en septembre 1962 par le colonel Chateau-Jobert dans la clandestinité espagnole se prononçaient pour un état chrétien, corporatif et décentralisé, fondé sur une nation dépolitisée organisée en fonction de l'ordre naturel et dirigée par un chef providentiel. Cette pensée traditionaliste façonna une mouvance influente qui s'illustra en mai 1958 dans le « manifeste des 14 » membres du comité de salut public puis en septembre 1961 dans « l'appel aux Français lancé par les Madrilènes ». Le modèle revendiqué était l'Estado novo salazariste plutôt que le franquisme dont l'idéologie réactionnaire s'était d'abord inscrite dans une structure para-fasciste et dont le nationalisme était centraliste. Chateau-Jobert a fondé son système sur les principes d'action de Salazar, dont le « nationalisme d'Empire » a une parenté nette avec l'Empire corporatif du docteur Lefèvre. Ce dernier semble avoir bénéficié de la protection des carlistes espagnols, partisans d'un traditionalisme monarchiste, intégriste et séparatiste. Quant au franquisme, il constituait une source d'inspiration explicite ou implicite. Pour le MPIOC, le Caudillo fut l'incarnation du chef providentiel, « sauveur de (s)a patrie » face à l'expansion communiste (28), une référence mal reçue dans les faubourgs populaires d'Oran (29) ! A la suite de Franco, le terme de croisade fut utilisé dans un sens politique, notamment par Georges Sauge pour qui « la France, soldat de Dieu, défend en Algérie la chrétienté identifiée à l'Occident»; un tract de Robert Martel espérait renouer avec 1936 : « Qu'un chef naturel, animé par l'esprit de croisade, appuyé par une unité militaire, parte d'un point précis pour reconquérir le territoire mètre par mètre... C'est à toi, armée française, de susciter ce chef, de faire éclore l'élan qui rétablira l'ordre naturel de Dieu ».
De la geste franquiste, la référence la plus omniprésente fut la mythologie de la résistance des « cadets de l'Alcazar », symbole d'héroïsme. Pierre Lagaillarde a donné ce nom au réduit dans lequel s'est terminée l'insurrection des barricades, et ce fut aussi celui du commando dans lequel les activistes pouvaient s'engager après leur reddition; l'image fut reprise par le délégué général Paul Delouvrier qui s'adressa, dans son discours du 28 janvier 1960 destiné à favoriser la sortie de crise, « à tous ceux qui sont enfermés dans les facultés comme dans l'Alcazar de Tolède, prêts à mourir »... Le mythe du camp retranché a été doublement opérant à Bab-el-Oued en mars 1962: d'abord dans la vaine tentative d'en faire une zone OAS, base de résistance et de soulèvement, puis dans l'assimilation du quartier totalement bouclé par les forces de l'ordre à la forteresse assiégée de Tolède. Il ne s'effaça pas avec la fin de la guerre d'Algérie: le bulletin de la fédération des étudiants nationalistes de Bordeaux, lancé en décembre 1962, s'appelait L'Alcazar.
La mouvance nationaliste révolutionnaire, enfin, était imprégnée de références à la Phalange originelle et marquée par la figure charismatique de José Antonio Primo de Rivera. Olivier Dard cite une note de Jean-Claude Pérez où il se réclamait de « l'esprit offensif » d'Onesimo Redondo - l'un des cofondateurs des Pintas de ofensiva nacional-sindicalista qui fusionnèrent avec la Phalange en 1934 - pour justifier les exécutions:
« L'OAS et ses
commandos macchabées, groupés en Juntes
offensives-nationalistes,
détruit ici l'hydre communiste, FLN et franc-maçonne »
(30).
La
justification de la
violence
n'explique pas seule que l'ancien chef de la branche armée ait
trouvé un modèle politique dans les JONS, il y voyait
aussi une «
doctrine sociale d'avant-garde... subordonnée aux exigences de
l'entité nationale » (31).
On sait
que les nationalistes révolutionnaires d'Europe
Action se
lièrent ensuite aux phalangistes de gauche du Cercle José
Antonio
contre le pouvoir franquiste « vieux,
sclérosé et périmé » (32)
et son
parti unique domestiqué; les liens tissés entre
cette
mouvance phalangiste dissidente et certains membres de
l'OAS réfugiés dans la péninsule trouvaient
là un prolongement.
Mais ces querelles idéologiques
n'avaient
pas de sens pour bien des membres de l'OAS mus avant tout par la
défense de l'Algérie française; en revanche, ils
reconnaissaient
dans le chef phalangiste le martyr d'une épopée nationale
dont
l'armée avait été l'initiatrice et les cadets de
l'Alcazar les
chevaliers. Dès son arrivée à Alicante, le
combattant oranais
Antoine Cerdan souhaita visiter l'ancienne prison où
José
Antonio Primo de Ribera avait été incarcéré
et exécuté (33)!
L'Espagne nationaliste ne fut pas regardée comme un
modèle, sa
geste imprégna l'imaginaire
politique; mais on ne sait encore rien de celui des militants de base
d'origine espagnole et républicaine... (34).
Anne Dulphy
Notes
1 - Ferrandi (Jean), 600
jours
avec Salan et l'OAS,
Paris,
Fayard, 1969, p. 38.
2 - Entretien avec
l'auteur.
3 - Maloubier (B.),
Bazooka.
La confession de Philippe Castille, Paris,
Filipacchi, 1988, p. 282.
4
- AMAE,
Eur., dossier 241. Article publié dans ABC le 13 novembre 1960
sous
le titre « Défection
de
l'Europe
»,
f.
194-199.
5 -
Ferrandi (Jean), op.
cit. p. 109.
6 -
Ibid.,
p. 63.
7 -
AMAE, Eur., dossier 241, le 15 novembre 1960, f.
192-199.
8 -
Ibid.,
les
15 novembre et 19 décembre 1960, f. 192-193 et 201-204.
9 -
Ce
propos est rapporté par C. Mouton, La
contre-révolution en Algérie. Pour le renouveau. La
France réplique
a 1789. Le combat de Robert Martel et de ses amis, Diffusion
de la pensée française, 1978, p. 483.
10 - AMAS, Eur., dossier
381. Compte rendu de mission le 29 mai 1962.
11 - Article de Jo
Torroja dans la Lettre
d'information du Cercle algérianiste d'Espagne, n°
5, décembre 1980.
12 - Sur ce sujet, voir
pour une première approche Anne Dulphy, «
Les
exilés
français
en
Espagne
depuis
la
Seconde
Guerre
mondiale:
des
vaincus de la Libération aux combattants de l'Algérie
française
1944-1970 », in
Matériaux
pour l'histoire de notre temps, juillet-septembre
1992,
n°
67.
J.-J.
Jordi,
«
Les Français d'Algérie rapatriés à
Alicante », in
La
guerre d'Algérie au miroir des décolonisations
françaises, Société
française d'histoire d'Outre-mer, 2000. 1. D. Sempere
Souvannavong,
Los
Pieds-Noirs en Alicante. Las migraciones inducidas par la
descolonizacién, Universidad
de Alicante, 1997, et «
Les Pieds-Noirs à Alicante », in
Revue
européenne de migrations internationales, 2001,
vol. 17, n' 3. Qu'Yves Dertié, Luis Rojas et Jo Torroja soient
remerciés pour leur aide et leurs témoignages, essentiels
à la
rédaction de ce passage sur l'Espagne « terre d'asile
».
13 - Article de Jo
Torroja, op. cit.
14 - Cerdan (A.), Adieu
Algérie française, Hélette,
Jean
Currutchet,
1997,
p.
154.
15 - Palacio (Léo), Les
Pieds-Noirs
dans
le
monde,
Paris,
John Didier, 1968, et Seva Llinares (Antoni), Alacant,
trenta
mil
Pieds-Noirs,
Valence,
Tres i quatre, 1968. Leur évaluation est reprise par
Jean-Jacques
Jordi, «
Les Français d'Algérie rapatriés à Alicante
», op. cit.
p. 379-391.
16 - L'ambassadeur R. de
Boisséson opte pour une évaluation haute de 20 000
à 25 000
(Centre des archives de Nantes (CADN), Madrid, dossier 803, le 12 mai
1967), le consul adjoint A. de Laluisant pour une estimation basse de
10 000 à 15 000 à la fin de la décennie (dossier
658, le 21 août
1970).
17 - CADN, Madrid,
dossier 658. Du consul adjoint A. de Laluisant, le 21 août 1970.
18 - AMAS, Eur., dossier
367. Du consul général à Valence S. Roux, le 30
juillet 1968.
19 -
Payne (S.), Fascism
in
Spain,
The
University of Winconsin Press, 1999, p. 443.
20 - Kauffér (R.), OAS.
Histoire
d'une
guerre
franco-française,
Paris,
Le
Seuil, p. 351-353.
21 – Pérez, Debout
dans ma mémoire, op.cit.p. 113-114
22 – Pérez op.
cit. p.
139.
23 - Ce fut le cas
d'Athanase Georgeopoulos et de Marcel Ronda comme l'attestèrent
leurs témoignages à l'auteur.
24 - Pérez (J.-C.), op.
cit.
p.
40-42, insiste longuement sur l'initiative prise le 17 juillet 1936
par leslégionnaires et les
tabors indigènes de l'armée d'Afrique.1978, p. 171.
25 -
Mouton
(C.), La
contre-révolution en Algérie..., op.
cit.,
26 - Esprit
public, mai
1963, n' 40, p. 13.
27 - Esprit
public, avril
1963, n' 39, p. 16-17, art. d'Étienne Malnoux
28 - Dr Lefèvre,
L'Occident
en péril, Nouvelles
éditions latines, Paris, 1961, p. 94-101.
29 - Kauffer (R.), op.
cit. p. 87.
30 - Dard (0.), Voyage
au cœur de l'OAS, op. cit. p. 121-122.
31 - J.-C. Pérez, op.
cit. p. 39-40.
32 - Editorial de Fabrice
Laroche dans Europe
action hebdomadaire, n'
60, 6 mars 1965.
33 - Cerdan (A.), Adieu
Algérie française, op. cit., p. 154,
34 - Cet aspect reste à
creuser: à titre d'exemple emblématique de ce type de
trajectoire
l'ancien membre des Brigades internationales José Gasquet
souhaita
se joindre à la lutte menée par l'OAS, mais que celle-ci
craignit
une opération de manipulation.
In
« l’Algérianiste »
n° 121