Quand l’ambassadeur Bajolet récidive
Toujours plus haut, toujours plus fort, telle pourrait être la devise de l'ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet. À l'heure même où il quittait ses fonctions pour rejoindre le staff de l'Élysée, l'intéressé, qui s'était distingué il y a quelques semaines à peine en évoquant « la très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans le déchaînement de folie meurtrière de Sétif, faisant des milliers de victimes innocentes presque toutes algériennes », en rajoute une couche.
En effet, après avoir fait résonner l'hymne national algérien au sein de la résidence de France à Alger, Bernard Bajolet, dans son discours d'adieu, devait insister sur la nécessité de poursuivre nos efforts de rapprochement avec l'Algérie « avec ténacité, sans nous laisser impressionner par la surenchère de ceux qui, de part et d'autre de la Méditerranée, ne souhaitent pas les voir aboutir, de crainte que ne disparaisse un fonds de commerce si aisé à exploiter », (sans doute fait-il allusion aux Pieds-Noirs et aux Harkis).
La
presse
algérienne le reconnaît
elle-même, après Hubert Colin de Verdière qui
parlait de tragédie
inexcusable à propos des massacres de Sétif, après
Nicolas Sarkozy
et son discours de Constantine du 5 décembre dernier, Bernard
Bajolet va plus loin encore. « Comment la République
a-t-elle pu
perdre de vue pendant les 132 ans de sa présence en
Algérie les
valeurs fondatrices de liberté, d'égalité et de
fraternité
qu'elle a fait rayonner ailleurs dans le monde depuis plus de deux
siècles ? » s'est-il exclamé. « Il ne s'agit
pas de verser dans
la repentance ni dans l'auto-flagellation mais de faire preuve
d'honnêteté pour le passé » assène
notre ambassadeur. En somme,
M. Bajolet, comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir,
fait de la repentance sans s'en rendre compte. Ou plutôt, avec
l'hypocrisie qui sied à l'exercice, il fait de la repentance en
le
sachant, mais en ne l'avouant pas. Nul doute, là encore, que sa
ligne de conduite lui a été fixée depuis le palais
de l'Élysée.
Quant à M. Bouteflika, il peut demeurer serein : ce n'est pas
demain
que la repentance passera par lui.
La stèle de
Marignane menacée
La stèle dédiée aux combattants tombés pour que vive l'Algérie française, implantée par l'ADIMAD dans le cimetière de Marignane, est l'objet depuis plusieurs mois déjà de toutes les attentions des organisations « droits-de-l’hommistes », proches de l'ultra-gauche. Ces organisations parmi lesquelles on retrouve pêle-mêle : la Ligue des Droits de l'Homme, le PCF, la LCR, Lutte Ouvrière, le MRAP et d'autres groupuscules, qualifiés pour la circonstance par la presse algérienne d'ONG, ne rêvent que d'une chose : faire enlever et détruire ladite stèle.
Aussi se sont-elles réjouies de la décision du tribunal administratif de Marseille rendue le 7 juillet dernier estimant que ce monument présentait « une dimension polémique susceptible de heurter les usagers des lieux, et une connotation non conforme à la neutralité du lieu », et exigeant l'enlèvement de la stèle dans un délai de quatre mois sous astreinte de 100 F par jour de retard, passé ce délai.
On le voit à nouveau, quarante-six ans après la guerre d'Algérie, il est possible dans notre pays d'honorer la mémoire des terroristes du FLN, de leur dédier des noms de rue, comme ce fut le cas tout récemment à Saint-Ouen, d'honorer même officiellement les porteurs de valises de sinistre mémoire, mais il est interdit de commémorer, au nom d'une vision dogmatique de l'histoire, les morts et les victimes de l'Algérie française.
Le
combat continue donc plus que jamais
pour que notre vérité puisse toujours s'exprimer.