La disparition de
Claude Liauzu
Le 23 mai dernier disparaissait Claude
Liauzu, professeur émérite à l’Université
Denis-Diderot Paris VII et spécialiste de la «
colonisation ».
Ancien membre du parti communiste, militant de l’indépendance
algérienne, Claude Liauzu qui aimait se définir comme un
« fellagha » fut le chef de file des historiens exigeant
l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur les
rapatriés, précisant que les manuels scolaires devaient
prendre en considération l’aspect positif de la présence
française outre-mer.
Adversaire acharné de toute expression de la mémoire et
des souffrances des Pieds-Noirs, adversaire déclaré du
Mur des Disparus de Perpignan dont il souhaitait qu’il englobe aussi
les partisans du FLN et les porteurs de valises, Claude Liauzu fut un
digne représentant de ces historiens de la gauche extrême,
proches de la cause du FLN qui contribuèrent à
délivrer au sein de l’Université un enseignement militant
de celle-ci.
Avec ses amis Stora, Manceron, Noiriel et quelques autres, tous
militants idéologues très engagés, il fut
l’illustration parfaite de cette vision hémiplégique de
l’histoire qui consiste à ne retenir que les souffrances d’un
seul camp.
Le Premier
ministre algérien plus maximaliste que Bouteflika
Dans cette atmosphère de fin de
règne et de course au pouvoir, qui domine à Alger, le
Premier ministre algérien Abdelaziz Belkhadem a souhaité
marquer sa fidélité au credo du FLN.
Pour la circonstance, il n’a pas fait dans la dentelle en ne se privant
pas de dire tout le bien qu’il pensait de Nicolas Sarkozy, quelques
jours seulement avant le premier tour des élections
présidentielles, accusant ce dernier de vouloir
réhabiliter l’OAS, ce qui fera quand même sourire
quelques-uns de nos compatriotes.
Dans son envolée, le Premier ministre algérien alla
même jusqu’à déclarer que « l’OAS était une
organisation criminelle, une organisation terroriste du même type
qu’Al-Qaïda aujourd’hui ».
Elle fut, selon lui, d’une certaine façon, le précurseur
d’Al-Quaïda, ce qui ne manquera pas d’étonner certains des
acteurs de l’organisation clandestine.
Quant à l’aspect positif de la colonisation, M. Belkhadem devait
réaffirmer sa volonté de signer un traité
d’amitié avec la France pour peu, bien sûr, que celle-ci
reconnaisse au préalable la « dénaturation »
de tout un peuple et les « crimes de la France coloniale ».
« La colonisation a
été abominable, on ne peut pas se contenter de gestes
symboliques pour la condamner » devait ajouter
l’intéressé.
On ne sait si M. Belkhadem, si d’aventure il parvenait au pouvoir
suprême, relèvera l’Algérie de la crise morale et
économique dans laquelle elle est plongée mais ce que
l’on sait, en revanche, c’est que dans le domaine de l’outrance il
n’aura rien à envier à son prédécesseur.