Cartons
rouges et satisfecit
Point n'est besoin de chercher trop
longtemps pour, comme à l'habitude, décerner nos
traditionnels cartons rouges tant les postulants et amis de la «
cause pied-noire » sont légions !
Le 19 mars 1962 et ses
thuriféraires ont fourni assurément, ces derniers
mois, le contingent le plus évident de tous ceux qui peuvent
figurer en bonne place dans ce tableau d'honneur à rebours.
L'inénarrable
député communiste Maxime Gremetz, bizarrerie
parlementaire d'une survivance stalinienne, fait ainsi partie, avec
l'ensemble du groupe communiste à l'Assemblée, de nos
récipiendaires pour avoir déposé une
énième proposition de loi en faveur de la reconnaissance
du 19 mars 1962 comme date officielle de commémoration de la fin
de la guerre Algérie, « reconnaissance qui doit permettre
de créer les conditions de compréhension de la
nocivité du colonialisme ». Sans commentaires.
Nous associerons à ce premier
carton rouge le sénateur radical de gauche Jean-Michel Baylet
qui, lui aussi le 12 février 2009, devait nous gratifier
de son texte habituel nous rappelant comme une litanie que plus de
la moitié des conseils municipaux ont déjà
délibéré dans le sens voulu par la FNACA.
Quant aux élus de droite comme
de gauche se précipitant sur les injonctions de la FNACA chaque
19 mars pour commémorer cette date ignominieuse, ils sont bien
trop nombreux pour que l'on puisse les citer tous : merci ainsi
à l'un de nos fidèles adhérents de nous avoir
signalé, par exemple, à Bayonne la présence
inopportune du maire UMP Jean Grenet qui, cette année, avait
tenu à être présent alors même que l'un de
ses adjoints le représentait habituellement.
La palme revient bien
évidemment en ce début d'année au nouveau maire de
Valence, le socialiste Alain Maurice, dont la première
préoccupation, sitôt élu, fut de baptiser dans
cette ville symbole de l’accueil des Pieds-Noirs, une place du 19 mars
1962 tout en assortissant son geste condamnable de propos provocateurs
et insultants pour tous les Pieds-Noirs et Harkis dont les douleurs et
les souffrances sont ravivées par l'évocation
de cette date honteuse. Jugez ainsi de la manière dont il
devait qualifier les manifestants pieds-noirs et harkis qui furent
d’une dignité exemplaire tout au long de cette journée :
« Nous avons tenu bon face aux montagnes de lettres de menaces,
face à cette manifestation de samedi 14 mars avec 500 à
800 personnes (il y en avait près de 3 000 en fait)
encadrées par une trentaine de miliciens au crâne
rasé, habillés de noir… ». Pauvre édile qui
ajoute le grotesque à la haine mal dissimulée.
Dans cet horizon bien peu chatoyant,
deux élus méritent cependant nos encouragements et notre
soutien : Hervé Mariton tout d'abord, député de la
Drôme, Pied-Noir et algérianiste de surcroît,
qui a participé de bout en bout à notre
manifestation de Valence, et puis Élie Aboud,
député de l'Hérault et adjoint au maire de
Béziers qui, en tant que nouveau président du groupe
d’études sur les rapatriés à l’Assemblée
nationale, n'a pas hésité à relayer
l’exaspération de nos compatriotes face aux
commémorations du 19 mars 1962 mais aussi à s'incliner
devant la stèle du cimetière de Béziers
dédiée aux morts de l'Algérie française et
ce, au grand dam de la Ligue des droits de l'homme et du parti
communiste.
Qu'ils soient donc remerciés
pour leur courage bien inhabituel aujourd'hui chez les parlementaires.