Une part de nous-mêmes
Au drame de
l’arrachement à la terre natale vécu par toute une
population plongée dans la plus profonde
déréliction, s’est ajouté pour un certain nombre
de nos compatriotes, un drame plus terrible encore-: celui de
l’arrachement brutal d’un être cher, disparu à tout jamais
en terre d’Algérie.
Ce drame trop longtemps
ignoré, voire occulté, a été bien souvent
supporté, depuis plus de quarante ans, dans un silence
douloureux par les familles, mais avec une soif de vérité
toujours intacte.
L’accomplissement de notre
incontournable devoir de mémoire, de même que la
fidélité aux racines qui sont les nôtres,
exigeaient que nous aidions à cet acte de témoignage pour
qu’enfin intervienne la reconnaissance tant attendue.
Ainsi, quarante-deux ans après
notre exode et, parfois pour la première fois, des familles ont
décidé de témoigner de leur douleur, de leur vie
brisée, de leur incessante quête de la
vérité, de leurs démarches sans lendemain, de leur
volonté aussi de lutter contre l’oubli.
C’est avec fierté que nous
sommes, aujourd’hui comme hier, à leurs côtés car
nous ne saurions oublier qu’avec les disparus, c’est bien une part de
nous-mêmes que nous avons laissée sur cette terre
d’Algérie que nous aimions tant.
Thierry Rolando
Président
national du Cercle algérianiste