Lucien Martin
Le 2 décembre 1961,
À la ferme
Martin, La Fontaine, près de Tiaret
Témoignage
de sa nièce Nicole Martin.
Je vous envoie
une partie du dossier de l’enlèvement et du meurtre de mon
oncle, Lucien Martin, au Douar Meguisba.
Extrait
du procès-verbal de la gendarmerie nationale :
Déclaration de dommages
causés par le mouvement insurrectionnel… « Atteste que Mme
Galvez Trinité, veuve Martin Antoine, s’est
présentée le 2 décembre 1961 au bureau de notre
brigade et a déclaré avoir été victime de
l’enlèvement de son fils, Martin Lucien, au cours de
l’après-midi du 2 décembre 1961. Ces faits se sont
déroulés à la Ferme Martin, sise sur le territoire
de la commune de La Fontaine… ».
Dans le
livre Il était une fois
Trézel, Odette Caparos relate cette disparition dans ces
termes :
« Né
à Trézel, le 6 janvier 1933, de parents colons
fixés en Algérie depuis trois générations,
Lucien est, comme eux, agriculteur. Au moment des semailles, le 1er
décembre 1961, il se rend à son travail et prend comme
tous les jours, le chemin des champs. Des terroristes du F.L.N. le
guettent, l’agressent et l’enlèvent. Plus personne ne reverra
Lucien. Un mois plus tard, l’auteur de l’enlèvement est
retrouvé, arrêté par l’armée, remis à
la brigade de gendarmerie du village, mais celle-ci n’a pas
autorité pour le juger. Il est donc confié aux
autorités militaires. Après un bref emprisonnement et de
vagues pourparlers, il est remis en liberté. Il court encore en
toute impunité… ».

Lucien Martin, 28 ans