Français d’Algérie disparus, quelle responsabilité ?

Cette table ronde, animée par Thierry Rolando, a mis en présence Georges-Marc Benhamou, Georges Fleury, et Mohand Hamoumou. Elle s'est résumée essentiellement à un brillant échange d'ana-lyses au scalpel et de propos percutants entre Georges-Marc Benhamou et Mohand Hamoumou. Les interventions de Georges Fleury, plus ambiguës, ayant pu donner à la salle l'impression qu'il s'efforçait de dédouaner partiellement les dirigeants politiques français de leur responsabilité dans ce désastre humain.

Georges-Marc Benhamou s'est attaché plus particulièrement, d'une part à dresser le portrait d'un Charles De Gaulle à l'espritétroit, couvrant de la raison d'État son désir d'en finir au plus vite avec l'Algérie, par tous les moyens, d'autre part à rappeler la connaissance qu'avait le pouvoir français de l'explosion qui se préparait en Algérie, dès avant la Toussaint Rouge, y compris François Mitterrand, alors ministre de l'In-térieur. Quant à Mohand Hamoumou, resté centré sur la question des Disparus, il a calmement fustigé, par une argumentation implacablement rigoureuse, la double responsabilité du pouvoir étatique français, d'abord vis-à-vis de son armée, dont les chefs recevaient de lui des ordres non équivoques, ensuite comme complice des nouvelles autorités algériennes, à partir du 3-juillet 1962, directement responsables, elles, des enlèvements et massacres. À cet égard, Mohand Hamoumou avait tenu à rappeler d'emblée qu'en raison du principe de la continuité de la puissance publique, le pouvoir actuel, au plus hautrang de l'État, est comptable des actes coupables du pouvoir d'il y a quarante-deux ans.


Pierre Dimech
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