Un petit pas…

Trente et unième congrès du Cercle algérianiste à Perpignan les 23 et 24-octo-bre 2004. Préparation dans la fièvre et le doute-: qui viendra, qui ne viendra pas-?-«-Boustée-» par les appels téléphoniques des uns et des autres, l’équipe responsable avance vaillamment comme le-«-Kairouan-» dans le Golfe du Lion un jour de tramontane-! Puis le grand jour est là. Ah-! Quel beau matin que ce matin de l’ouver-ture du congrès-! Tout est prêt-: les exposants à leurs stands, la sympathique équipe d’accueil tout sourire à la réception, les équipes de surveillance discrètes et bien présentes, le bar bien fourni là-haut, dans les nuages du Palais des Congrès. La présidente peut ouvrir les débats au-devant de la scène tandis que derrière les rideaux s’affaire l’équipe responsable du rythme des différentes interventions et tables rondes, devant les écrans de contrôle.

« Français d’Algérie disparus-», le sujet est sérieux car, justement, il n’a pas été pris-«-au sérieux-». Le gouvernement de l’époque n’a pas cru bon de tenir compte de ce qui fut pour lui-«-un détail de l’histoire-»-; ce sujet est donc grave et fondé. Conséquence-: l’ensemble du congrès baignera dans cette atmosphère morale. Les familles des disparus sont là, bien présentes, les témoignages réfléchis, posés mais vigoureux et bien vivants. Ceci dans le respect que méritent ces souvenirs. Je veux parler de-dignité, ce qui n’empêche pas l’émotion devant ces déclarations bouleversantes. Tout à coup, le tragique et le dramatique révélaient l’interrogation, le problème devant l’épreuve déchirante à laquelle ont été soumis ces hommes, ces femmes, ballottés par la fin d’une époque, à la fois dans l’agitation et le désarroi. Allumées les consciences, sortie du puits cette vérité étouffée. Un petit pas pour le Cercle algérianiste de Perpignan que nous souhaiterions accompagné d’autres grands pas vers la reconnaissance de la responsabilité de l’État.
L'arbre des disparus

Un monument existe dorénavant, témoin de cette manifestation, il est là, devant le Palais des Congrès. C’est un olivier solide et bien planté dans cette terre française mêlée à un peu de terre de là-bas. La cérémonie religieuse s’est teintée de tout ce que nous avions souhaité de ce congrès :
sérieux, dignité, émotion, partage, plein de symboles certes, mais aussi concret, interrogateur, efficace et courageux.

Jean Scotto
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