On reste pantois à la lecture dun article de Hervé Bourges, grand manitou de la fameuse " Année de lAlgérie en France " intitulé sans rire " lAlgérie sans masque " ( Figaro du 21 fevier ) dont chaque phrase est une contre vérité flagrante ...
Toutes les sensibilités se sont exprimées peut on y lire ! Il nest que de prendre connaissance des protestations de toutes les associations de Français dAlgérie rejetés totalement de ces manifestations, des Musulmans réfugiés de 1962 sous le nom parfois abusif de Harki, de la communauté Kabyle en Algérie même, des intellectuels algériens réfugiés en France, et même dune grande partie de la Presse algérienne , pour savoir ce ce quil faut penser de " toutes ces sensibilités " et il faut un aplomb peu ordinaire pour venir prétendre que " tous les hommes de culture y ont leur place " !
La contestation à cette manifestation grandiose est dailleurs venue de tous les horizons dAlgérie oû lon a compris, mieux quen France, sa nature inavouée, cest à dire, sous couleur de culture, une large opération de propagande au bénéfice exclusif du gouvernement algérien actuel, lun des plus impopulaires de la planète opération basée, il suffit de voir les films au programme, sur la haine de la France exposée avec conviction et simplicité opération à énorme budget mais totalement opaque dans son financement ..opération affectée en sous main par les plus tortueuses combines des différentes composantes du pouvoir militaire, car rien nest simple lâ bas ..
Pas un mot de cette interview qui ne prête à réfutation à commencer par lécoeurante récupération de St Augustin, sinistre gag : non, pas eux et pas ça ! a-t-on envie de dire
Mais arrêtons nous un instant
sur laffirmation suivant laquelle " le premier souci
de la France coloniale nétait pas dencourager
les expressions culturelles quelle rencontrait " ;
outre que cela pourrait largement se comprendre, car lorsquon
a un pays entier à construire à partir de rien il
est concevable que les priorités soient ailleurs, ce ne
fut pas le cas : mais des le débutde la colonisation, les
Français nont pu que constater le désert culturel
dans lequel ils entraient. Désert quils ont comblé
par une activité créatrice intense, aujourdhui
sujet détonnement pour tous les observateurs de bonne
foi. Une école littéraire féconde, lAlgérianisme,
une production architecturale étudiée dans les écoles
darchitecture du
monde entier, une école de peinture, partie du mouvement
Abd-el-Tif, essaimée dans nombre de musées français,
un immense patrimoine scientifique sont, avec bien dautres
choses encore, les véritables trésors culturels
de lAlgérie telle que la France lavait façonnée,
que «Djazaïr » le veuille ou non
Et il nest pas exagéré décrire que ce sont des hommes comme Hervé Bourges qui, contre le sentiment dune élite algérienne à qui on a oté la parole comme on la otée aux Français dAlgérie, ont empêché que ce pays évolue sans rupture dans le respect du riche patrimoine que nous lui avions laissé.
Au lieu de quoi, les friches que
les Arabes, puis les Turcs, avaient crées puis entretenues
jusquen 1830, se sont reconstituées ; les rares écrivains
écrivent en France et en français, situation emblématique
on peut sourire en lisant la référence au
cinéma algérien, qui se ramène à quelques
médiocres films de propagande, comme on sourit à
lévocation de
la musique arabo-andalouse dont le nom dit assez quelle
na rien dalgérien
.et le reste à
lavenant
Nous ne sommes pas assez naïfs pour ne pas avoir saisi larriere pensée de ce manifeste : au delà des outrances dun personnage dont la paranoia bien connue est mal supportée de ses interlocuteurs algériens, le bout de loreille est avancé dans larticle : " La diversité culturelle commence aujourdhui à notre porte . Nous en portons la promesse dans notre propre société " il est donc clair que pour M.Bourges, cest dans le néant dune civilisation qui se refuse même à naître, et qui ne se définit que dans sa haine à notre encontre, que devra se mouler notre culture de demain
On comprend dès lors pourquoi nous sommes écartés demblée des réjouissances . la vraie culture de lAlgérie, en effet, nous la connaissons mieux que quiconque, et trop pour ne pas être des gêneurs !.
Hyeres 23/02/03
M.LAGROT
Responsable CVR