New
York Times Art. In France, a
war of memories over memories of war
Messieurs,
Vous avez publié dans votre
n° du 4 mars l’article cité, suite à une interview
réalisée à Perpignan, France, sur les
Français d’Algérie, l’histoire de l’Algérie
française et la mémoire de ses
habitants,réfugiés aujourd’hui en France et ailleurs.
Nous avons apprécié que
ce sujet soit abordé, car nous savons qu’il est totalement
ignoré du public américain. Cependant, votre article est
très éloigné de la réalité
historique et ne reproduit même pas nos déclarations
à vos journalistes. De plus vous parlez de « Algerian
Circle », expression fausse qui laisse croire que nous
sommes algériens : notre association est
« algérianiste », mot
désignant une école littéraire des
années 30 en Algérie.
Les origines du mot
« Pieds noirs » n’ont rien d’obscur : on
sait qu’il vient d’une plaisanterie de collégiens du Maroc en
référence aux amerindiens de la tribu des Blackfeet du
Montana, vers 1955. Et il est inexact que les Pieds noirs sont tous
d’origine étrangère, comme vous l’écrivez :
une large majorité est française, émigrée
en Algérie, souvent pour des raisons politiques. Une loi a
donné la nationalité française automatiquement
à tous les étrangers en 1889.
Ce n’est pas par nostalgie que nos
militants poursuivent des projets de musées de notre province ,
mais parce que
Il existe en France, comme vous
l’écrivez, un lobby déterminé à
empêcher que notre histoire soit connue, appuyé par les
mensonges officiels diffusés par l’enseignement public et une
grande partie de la presse. Nos seul espoir que notre mémoire ne
disparaisse pas est que nous la conservions nous même. Et nous
savons bien que notre existence dans la Nation française est
comme un reproche vivant à la politique de trahison par laquelle
le général de Gaulle prit le pouvoir en 1958, d’oû
l’opposition des politiciens officiels à nos actions.
Il est curieux que vous
évoquiez, à propos du général Aussaresses,
la torture utilisée par l’armée française, sans
dire un mot des supplices mille fois plus nombreux et cruels
exercés par les nationalistes algériens sur les
populations civiles. C’est un point de vue partiel que nous ne pouvons
accepter. Il ne faudrait pas oublier que le terrorisme exercé en
Algérie par les nationalistes contre le population fut mille
fois plus cruel que celui des islamistes d’Al Qaïda que nous
connaissons aujourd’hui , et qu’il dura 8 ans. Et vous écrivez
que nous ignorons les Algériens victimes des Pieds noirs :
que voulez vous dire ? aucun Français d’Algérie n’a
fait la guerre aux Algériens, il n’y a jamais eu de guerre entre
eux . La guerre fut menée par une minorité aux
motivations islamistes contre la présence française et
non par des Français d’Algérie contre les Musulmans.
L’immense majorité des musulmans de ce pays ne demandait que le
paix française et profitait largement de nos lois.
Les chiffres donnés dans votre
article sont faux : le système électoral
était beaucoup plus complexe que vous ne l’écrivez et le
chiffre de un pour dix est inexact ; le pourcentage des enfants
scolarisés par la France était en 1961 de 72% et non de
14 % qui est le chiffre de 1920 ; le rapport des revenus entre
Français et arabes était loin des 1/5 et il aurait
été honnête de noter que le revenu moyen des Pieds
noirs était inférieur de 20% à celui des
Français de la métropole. D’autre part, grâce
à la France, le revenu des Algériens musulmans en
Algérie était un des plus hauts du continent africain.
Vous décrivez avec un certain
mépris les objets historique de notre dépôt de
Perpignan. Permettez nous d’observer que, aux USA, on peut visiter ( au
Texas particulièrement ) de nombreux petits musées de
pionniers aux objets également poussiéreux et
démodés : nous les regardons avec respect car nous
savons ce qu’ils signifient de travail et de souffrance pour
créer votre magnifique pays, et nous évoquons exactement
la même aventure en Afrique du nord. D’ailleurs, partout, avant
d’être exposés dans des musées avec toute la
science des spécialistes, tous les objets ont connu les
étagères des dépots et la poussières des
rayons….
Les troubles causés dans nos
banlieues par des groupes ethniques ont de toutes autres causes que des
séquelles de la colonisation, mais servent de prétextes
à nos responsables politiques incapables, pour accuser les
autres. On peut citer pourtant l’exemple des peuples venus de
l’Indochine française, eux aussi colonisés par nous,
nombreux réfugiés en France, et qui ne causent aucun
trouble dans notre pays, pas plus que les peuples du Viet Nam ne
causent de problème dans le vôtre.
Il est regrettable que votre article
présente M.Stora comme historien de l’Algérie :
c’est un Trotskyste de formation, unanimement considéré
par les Pieds noirs comme le principal falsificateur de l’histoire
d’Afrique du Nord.
Nous souhaitons que notre courrier
soit publié dans vos colonnes pour ramener la mémoire de
la France en Algérie à une vision plus exacte.
Avec mes sentiments distingués
M.LAGROT
Responsable CVR
Hyeres
22/3/2009
The editor
The New York Times
620 Eighth
avenue
New York, NY 10018
Hyères,
march 21st / 2009
Gentlemen,
You published in your issue of march 4th an article «
In France, a war of memories » following an interview in
Perpignan, France, about french people and french history in
Algeria, and memory of these people, now refugees in France and
elsewhere. We appreciate your interest in such a matter, historically
important, and widely unknow by your readers and even by the american
universities. However, your article neither reports the
historical reality, nor our interview with your correspondants in
France. Furthermore, the term « Algerian
circle » you used in your text is basically wrong, as it
means we are algerian : our cultural organization is
« algerianiste », by the name of a literary
movement born in the thirties .
About the « Pieds noirs », the term’s origins are
quite clear : we know it comes from a schoolboy’s joke in Morocco,
referring to the indian tribe of Blackfeet in Montana, displayed by the
many US movies we used to watch in North Africa in the fifties. And
then used in a political sense by french public. And publishing that
most of the « pieds noirs » came from foreign
countries is wrong : major part of them were french, emigrated in
Algeria for some reasons, (especially political ) . By a french law in
1889, all foreigners automatically got the french nationality .
It’s not by nostalgia that our militants manage museum’s projects on
our past province, but because there is in France, as you wrote, a
leftist lobby which decided to prevent any aknowledgment of our
history, supported by official lies displayed by both public education
system and most part of the media . Our unique hope towards a survival
of our history is by beeing our own keeper. And we perfectly know that
our existence among the french nation is a living blame against
the treason of general de Gaulle when he assumed power in 1958 by a
coup : hence a strong opposition against us , by both gaullist
politicians and the left wing of politics.
It is amazing that you evoke, about general Aussaresses, the torture by
french Army, without a word on the many tortures, a lot more cruel,
perpretated by algerian nationalists on civilian populations. We cannot
accept such an unfair point of view. You should not forget that
terrorism committed by the nationalists in Algerian against civilians
was much more cruel than even the crimes of Al Qaida nowadays,
and during eight long years . And you write we
« ignore the Algerian who were victims of the pieds
noirs… » what do you mean ? No French ever made war
against civilian Algerians, there was never any war between them, in
any place, at any time. The war was started by a small islamic
minority against french presence, not by the pieds noirs against the
muslims. A vast majority in the country just wished a french peace and
greatly took advantage of our presence.
All the figures you report are wrong : about the election system,
a ratio of 1/10 isn’t the reality, which was much more
complicated ; in 1961 ( last statistics ) 72 % of muslim
kids went to school, and not 14 % ( figure of 1920 ) ; income
imbalance was far from the 1/5, and you should write, to be fair, that
the average income of the pieds noirs was 20% under the average income
in France. On the other hand, thanks to France, the algerian muslim’s
income was from far one of the best in the african continent.
With some contempt, you give a short description of
historical artifacts we own in Perpignan. Let us notice that, in
your country, especially in Texas, you can visit many small pionneer’s
museums with such artifacts, dusty and obsolete as well. We watch
them with respect, because we know what they mean as hard work
and pain, to create your beautiful country, and we just plan to tell
the same story in french North Africa. On the other hand, everywhere,
before being exposed in modern museums by the technology of
specialists, all artifacts lie on the shelves of the vaults and
under dust and moisture of old buildings.
The riots and troubles by ethnic groups in our suburbs have nothing to
do with colonialism or history, but they are just a plea
among the french politicians, unable to solve the problem, but
quick to find responsabilities in historical causes.
Let us watch, for instance, people from Indochina, once colonized
by French too, now refugees in France for decades, who never caused any
trouble in our country, in the same way your vietnamese refugees behave
in yours.
We deeply regret that you introduce Benjamin Stora as an Algeria’s
historian : he is unanimously held by the pieds noirs to be the
main falsifier in history of North Africa.
We wish you published our mail in a next issue , for a
better apprehension of our history.
Sincerely yours
M.Lagrot
o.b. President