LES CIMETIERES FRANCAIS D’ALGERIE
Le gouvernement
français, désireux, après le vote du parlement
d’une loi dérisoire intitulée « Loi en faveur des
rapatriés », de jeter à ces derniers un os à
ronger, a annoncé des mesures concernant les cimetières
français abandonnés en Algérie, pour la plupart
profanés et saccagés.
La première mesure consiste
à permettre aux familles de ramener les corps en France
dans un délai de quatre mois. Les autres mesures ne sont que
propositions pour l’érection de stèles ou de columbarium
dans des conditions à définir.
Nous relevons que les familles
désireuses de transférer les corps devront le faire
à leurs frais. Cette disposition rappelle les journées
sinistres de 1962 oû des Français mis en danger de mort
par la volonté de leur Gouvernement devaient payer de leur poche
leur évacuation sans qu’aucun moyen soit mis à leur
disposition par leur Patrie. La République qui n’avait pas
payé pour la sécurité des vivants ne paye pas plus
pour le repos des morts; alors qu’ elle met des avions gratuits
à disposition des coopérants étrangers d’Afrique
en d’autres circonstances...
On sait, par les rapports de
l’ASCA que les officiels algériens ont eu en main et n’ont
pas démentis, que presque toutes les petites communes ont vu
leurs cimetières vandalisés, pillés et parfois
rasés. Le projet a d’ailleurs recensé pour l’instant 62
cimetières « irrécupérables », les
autres étant pour la plupart abandonnés purement et
simplement. L’état des sépultures permet de penser
que la plus grande partie des restes n’est pas identifiable et
qu’il risque de se développer des pratiques frauduleuses au
bénéfices d’entreprises locales «
spécialisées »....
La décision des familles est
respectable quelle qu’elle soit. Mais on peut estimer que ces morts
reposent dans leur terre, une terre que cinq générations
de pionniers ont façonnée, et que leur place est
là-bas . Quinze siècles après l’effacement de la
présence romaine, ce sont d’abord ses nécropoles qui
témoignent de ce qu’elle fut : il devrait en être de
même pour nous.....et si la destruction de nos
nécropoles par des profanateurs a rendu les remises en
état impossibles, que du moins un monument in situ soit bati en
chaque lieu pour regrouper les restes et symboliser notre trace
historique. C’est le moins que puisse faire la France, et il semble que
l’Algérie ne s’y oppose pas. Il est vrai que cela ne lui
couterait rien....
Quant aux cimetières urbains
des grandes villes encore « présentables », ils
devraient être l’objet d’une remise en état : il serait
indécent de continuer à transférer aux familles,
comme l’a fait l’Algérie depuis quarante ans au nom du droit ( !
), la charge de l’entretien comme si l’on était à
Romorantin...là aussi, c’est à la France de prendre ses
responsabilités, et il serait totalement inadmissible pour nous
qu’un unique monument fut érigé à Alger pour solde
de tous comptes ! On connait,
d’ailleurs, le sort réservé au magnifique monument aux
morts de cette ville, hommage aux combattants de toutes
confessions des deux guerres mondiales, ignoblement profané par
le FLN sans que la France émette la plus timide protestation..
L’état d’une civilisation se
mesure au respect qu’elle entretient pour ses morts.
Mais notre république est elle
encore civilisée ?
M.LAGROT
16/03/05