Lettre ouverte à Monsieur
Jean-Claude Gaudin Sénateur-Maire de Marseille
Narbonne, le 8
août 2011
C’est avec une très vive
émotion que de nombreux Français d’Algérie
de Marseille, mais aussi de l’ensemble du territoire, ont pris
connaissance du chaleureux entretien que vous avez
accordé, le 1er juillet dernier, à Madame Zohra
Driff-Bitat, qui conduisait en sa qualité de vice
présidente, une délégation du Conseil de la
Nation algérienne.
La main que vous avez
serrée ce jour-là n’est pas pour nous anodine.
Nous ne pouvons, en effet,
oublier que votre interlocutrice de ce jour a pour beaucoup de
victimes et en particulier celles de l’attentat du Milk bar
à Alger, le 30 septembre 1956, le visage hideux du
terrorisme le plus abject, celui qui frappe des femmes et des
enfants dans des lieux de paix.
Madame Zohra Driff fut, vous le
savez certainement, celle qui causa la mort directement de
victimes innocentes ou en blessa grièvement d’autres,
telle notre compatriote Nicole Guiraud, dont le bras fut
arraché, dans ce terrible attentat, alors qu’elle avait
à peine 10 ans.
Nous aurions
espéré, dans une ville aussi symbolique pour nous
que Marseille, que son premier magistrat, quelles que soient les
nécessités de la diplomatie, choisisse
plutôt que les embrassades, avec ceux qui ont du sang sur
les mains, une attitude plus distante et garde en mémoire
que pour les Français d’Algérie, Zohra Driff
demeurera à jamais une terroriste aveugle.
A l’heure même où
les Harkis sont toujours interdits de séjour en
Algérie et où dans ce même pays,
l’idée de recevoir, en grande pompe, un ancien activiste
de l’Algérie française ne viendrait à
personne, il est regrettable que vous ayez choisi d’accueillir,
Zohra Driff qui a manifesté au cours de ces
dernières années, publiquement, y compris sur les
chaines de télévision française, la haine
qu’elle éprouvait toujours pour les Harkis et les
Pieds-Noirs.
Nous sommes, Monsieur le
Sénateur-Maire, favorables à la
réconciliation des mémoires et des peuples, mais
cela exige, de chaque côté de la
méditerranée, que soit engagée une
même démarche d’ouverture en direction des
adversaires d’hier et qu’aucune victime, à commencer par
celles du terrorisme du FLN, ne soit oubliée.
Je vous prie de vous prie de
bien vouloir agréer, Monsieur le Sénateur Maire,
l’assurance de ma considération distinguée.
Thierry
Rolando
Président national du
Cercle algérianiste
Association culturelle des
Français d’Afrique du Nord
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