Valence :
une communauté unie et rassemblée pour dire non au 19 mars
Jamais de mémoire
récente, à l’exception sans doute de l’inauguration du
Mémorial des Disparus de Perpignan en novembre 2007, oui !
jamais autant de présidents, de responsables nationaux et de
personnalités de notre communauté pied-noire et harkie ne
s’étaient retrouvés dans un même lieu, en aussi
grand nombre pour porter la parole de leurs compatriotes et
témoigner de leurs douleurs. Jamais depuis longtemps un tel
élan de solidarité et d’unité ne s’était
fait sentir avec autant d’intensité qu’à Valence. Oui !
tous ceux qui comptent ou presque dans notre communauté avaient
tenu à répondre à l’appel du Cercle
algérianiste pour faire de cette ville un symbole de notre refus
de la date ignominieuse du 19 mars 1962.
Valence constituait pour nous
tous un nouveau défi, un défi réussi illustrant
notre capacité à nous retrouver sur les combats
essentiels.
C’est donc en rangs serrés que
tant d’entre nous se sont retrouvés dans un même
élan, de Denis Fadda président du CLAN, à Yves
Sainsot président de l’ANFANOMA, de Joseph Hattab-Pacha
président de Véritas à Nicole Ferrandis-Delvarre
de l’Association des familles de victimes du 26 mars, de Francette
Mendoza présidente des Enfants de l’Algérois, à
Mohamed Mechrour présidente des Harkis des
Pyrénées-Orientales, ou Claude Raymond qui préside
aux destinées de l’Amicale des Oraniens de la Côte d’Azur
et dirige le très important lien de tous les Oranais :
l’Écho de l’Oranie, ils étaient tous là. À
quelques mètres à peine, Michel Lévy
président du GNPI côtoyait Joseph Perez celui du CDHA, ou
Claude Rochette du Souvenir du 26 mars et de Notre-Dame d’Afrique,
pendant qu’au même moment, Saïd Merabti d’AJIR pour les
harkis, Jean-Paul Spina de la CNFA, ou bien encore Ali Boualem,
André Ordinès président de la Maison des
rapatriés de Marseille, ou Gisèle Ambrosino
présidente des Anciens de Fort de l’Eau, Beaudier de la CAPFA,
De Torres du FNR, marchaient d’un même pas décidé.
Et puis plus loin encore René Andrès président du
Mémorial national des Français d’Algérie, Pierre
Ramognino des anciens d’Arzew, Carmen Guerrero présidente de
l’Adirme, Guy Montaner de l’AOBR, Christian Schembre président
du parti pied-noir, maître Pierre Courbis, Joseph Guillamo
président de l’ARAPA d’Arles, Mohamed Mouslim président
de l’ARHE, Mohamed Atbi des Harkis de la Drôme et tant d’autres
défilaient. Où que l’on se tourne apparaissait un visage
connu et familier des combats de notre communauté : celui de
Simone Gautier, inlassable combattante de la cause des familles de
victimes du 26 mars ; de Nicole Guiraud, victime de l’attentat du
Milk-bar, qui lutte avec courage contre la désinformation sur
les poseuses de bombe ; ceux de Marie-Claude Teuma ; Viviane Ezagouri ;
ou de Jean-Claude Domenech, porte-parole des familles de disparus.
Dans leur sillage, d’autres et
d’autres encore, au coude à coude, Henri Lafitte, René
Mayer, Guy Rolland, Michel Ximenès, Pierre Barisain-Monrose,
sans oublier Lionel Vivès, courageux enseignant qui sut dire non
à la présence de la FNACA dans son collège de
Boulogne-sur-Gesse.
Discret mais présent de
bout en bout, le député pied-noir de la Drôme et
fidèle de la cause algérianiste, Hervé Mariton
avait tenu à être à nos côtés comme
Marlène Mourier, députée suppléante, et
Nicolas Darragon conseiller général.
Enfin cette manifestation
n’aurait pas abouti sans le soutien et la présence de
très nombreux présidents du monde combattant : UNP, ACUF,
ANORA, Troupes de marine, Rhin-et-Danube, Souvenir français,
Anciens d’Indochine, cadres de réserve, UNC, ASAF, sans oublier
un bus entier de l’UNACITA de Montélimar.
Et puis comment oublier mes
amis présidentes et présidents de Cercles
algérianistes qui, une fois de plus par leur présence
massive avec nombre de nos adhérents, avaient répondu
présents : Évelyne Joyaux, Josiane Maggia, Michèle
Soler, Ghislaine Delmond, Monique Alessandra, Marie-Jeanne Groud
étaient au premier rang tout comme Jean-Jacques Tavera, Michel
Lagrot, Guy Serrano, Édouard Simouneau, Jean Marchioni, Yves
Naz, Georges Guilvard, Jean-Paul Palisser, Jean-Louis Hueber, Philibert
Perret, Gérard Rosenzweig, Jean-Pierre Risgalla, sans oublier
bien sûr mes deux vice-présidents nationaux, Suzy
Simon-Nicaise et Hubert Groud, et Camille Para secrétaire
général du Cercle algérianiste national, qui n’ont
pas ménagé leur peine.
Et puis comment ne pas citer
tous ceux des nôtres qui n’avaient pu faire le déplacement
ou qui étaient retenus pour la cause algérianiste et qui
n’ont pas manqué de nous adresser des messages de soutien Pierre
Dimech, Boris Kan, Pierre Souville, Bernard Létrange,
Édouard Devors, Hélène Sugier et tant d’autres
encore. Que tous ceux que j’aurais oubliés ou qu’il ne m’a pas
été donné de croiser en ce jour intense me
pardonnent, je les embrasse fraternellement. Et puis évidemment
cette longue évocation ne saurait être complète si
elle ne faisait pas une mention spéciale pour le plus jeune des
présidents de cercles locaux, remarquable organisateur et
inspirateur avec toute l’équipe algérianiste de Valence
de cette manifestation, je veux bien sûr parler de Bernard Cini.
Merci Bernard, merci aussi
à Nadine, l’engagement que nous avions pris ensemble devant les
1 200 algérianistes réunis en octobre dernier à
Fréjus de nous retrouver chez toi pour dire non au 19 mars 1962
a été tenu.
Certes Valence n’est qu’une
petite pierre sur le long et difficile chemin que depuis quarante-sept
ans nous arpentons, mais Valence a prouvé que notre
volonté et notre détermination demeuraient intactes.
À tous un très
grand merci, le combat continue.
Thierry Rolando