Le Haut
Conseil aux Raptriés sombre définitivement
Créé par l’État
en 2002 pour être, à l’origine, l’expression de la
communauté rapatriée, le HCR vient, avec la
démission récente de 13 de ses représentants
pieds-noirs, de sombrer définitivement. Cette instance, outre
son absence totale de légitimité pour représenter
les Français d’Algérie (n’oublions pas que son
président est un fonctionnaire d’État et ses deux
vice-présidents, choisis par l’État, sont inamovibles
depuis l’origine), loin d’avoir servi leur cause, a fait preuve en six
ans d’une inaction complète et n’a pas su ou voulu porter la
parole de ceux qu’elle était censée servir.
Pire, ont été
tenues à l’écart des débats du HCR, les questions
sensibles qui touchent au premier chef nos compatriotes : venue de
Bouteflika en France, projet de mémorial à Marseille,
union pour la Méditerranée, question du 19 mars et de
l’ambiguïté gouvernementale…
Et que penser en outre de la totale
passivité du HCR qui n’a pris strictement aucune part dans
l’érection du Mémorial des Disparus de Perpignan, lieu
désormais incontournable et reconnu comme tel pour notre
communauté.
L’encéphalogramme du
HCR, force est de le reconnaître, est des plus plats, et la
vérité nous commande de dire que ce ne fut qu’un gadget
aux mains de l’État.
Le Cercle algérianiste
en avait, le premier, tiré les conséquences dès
2004, ses représentants (Évelyne Joyaux, Boris Kan et
moi-même) avions démissionné d’une instance
à l’échec patent constaté par tous, ce qui ne nous
a pas empêché de saluer le départ des 13
démissionnaires représentant l’essentiel des associations
encore crédibles. Aujourd’hui le HCR a vécu, seules
quelques individualités ou associations très minoritaires
ont choisi d’y rester, laissant croire à nos compatriotes,
après tant d’impéritie, que tel le Phénix, un
nouvel HCR pourrait renaître de ses cendres.
Cette position confinerait
presque à de l’aveuglement alors même qu’aujourd’hui le
HCR, ou ce qu’il en reste, demeure dans une opacité la plus
totale : l’un de ses deux vice-présidents, Boussad Azni,
n’est-il pas en même temps, membre du cabinet du ministre des
Anciens Combattants, pro 19 mars, M. Bockel, celui-là même
qui vient de faire repentance à Alger pour convaincre le
président Bouteflika d’effectuer son voyage officiel en France.
Le HCR aurait pu, si
l’État l’avait voulu, être la réelle instance
d’expression des sensibilités de notre communauté et
rassemblée en son sein ; ceux qui agissent et ont encore des
projets.
Hélas ! il n’en n’a
rien été puisque la volonté de l’État fut
tout autre. C’est la raison pour laquelle désormais, seule la
dissolution du HCR doit être envisagée.
Thierry Rolando
Le HCR,
troisième mouture, comptait jusqu’au 6 mars 2009, quarante-huit
représentants, à parité, des communautés
harkie et pied-noire.
Les treize
démissionnaires sont : Ahmed Boualem, Colette Ducos-Ader, Denis
Fadda, Nicole Ferrandis-Delvarre, Gérard Garcia, Georges Haack,
Michel Lévy, Andrée Montero, Joseph Pérez, Yves
Sainsot, Jean-Pierre Séroin, Jean-Paul Spina et
Jean-Félix Vallat.
Ont choisi de
rester membres pour le « collège pied-noir » :
Philippe Nouvion, Gilberte Feutray, Paul Mefret, Gérard
Schettini (du Recours), Nicole Monier, François Meyer, Maurice
Faivre, Jean Cépi (Salon des artistes rapatriés
d’Antibes), Lucien Bayle, Taouès Coll-Titraoui (de Jeune
Pied-Noir), Roland Blanquer, Jean-Marie Palma et Claude Poli.