À l’approche des élections présidentielles et législatives, il n’étonnera personne de constater que le lobbying de la FNACA et ses pressions sur les élus pour faire du 19 mars 1962 la date officielle de la fin de guerre d’Algérie redoublent d’intensité.
La FNACA s’est fait fort de rappeler dans sa revue mensuelle qu’au 1er septembre 2006, 20 408 conseils municipaux avaient adopté son vœu soit près de 56 % des communes, 49 conseils généraux et 9 conseils régionaux en avaient fait autant. Au premier octobre 2006, elle recensait selon ses dires 3 620 artères du 19 mars 1962, 678 sites personnalisés et 1 287 autres sites. Enfin, cerise sur le gâteau, elle n’omettait pas de mettre en avant ses 371 000 adhérents. Rien d’étonnant donc, que de nombreux parlementaires, y compris même de la majorité actuelle, ayant pourtant adopté la date du 5 décembre comme date commémorative officielle de la fin de la guerre d’Algérie, soient de plus en plus sensibles au message martelé de la FNACA. C’est sans doute dans ce cadre que s’est inscrite la récente proposition de loi du député UMP du Tarn-et-Garonne, Jacques Briat, soutenu par 22 de ses collègues, visant, en guise d’apaisement et de réconciliation à ériger le 19 mars 1962 comme date officielle de la fin de la guerre d’Algérie au même titre que le 5 décembre.
Cette proposition pour le moins hypocrite qui consiste à donner raison à tout le monde même quand les points de vue sont irréconciliables a, bien évidemment, choqué, fort légitimement, un grand nombre d’algérianistes et plus globalement de rapatriés. La duplicité de la démarche des auteurs de cette proposition se retrouve parfaitement dans les propos que le député Briat a adressé à Thierry Rolando en réponse à sa protestation et qui ont consisté à lui dire que c’était justement pour éviter que le 19 mars ne devienne la seule date officielle en lieu et place du 5 décembre, qu’il convenait de prendre les devants et de l’élever au même rang que cette dernière. Nous ne saurions être, en effet, dupes d’un tel discours, d’autant que parmi les signataires de cette proposition de loi figurent des parlementaires qui, comme Didier Julia ou Jean-Pierre Soisson, se sont déjà malheureusement signalés par leur position favorable au 19 mars. Notre opinion, quant à nous, est faite et nous ne pouvons que réaffirmer notre position : le 19 mars est inacceptable car c’est une date de négation des drames Pieds-Noirs et Harkis qui ne saurait rassembler la Nation dans le souvenir et la dignité. Nous invitons donc tous les algérianistes qui le souhaitent à faire preuve, comme le fait la FNACA de son côté, de la même ardeur à témoigner auprès des députés signataires, dont la liste figure ci-après, de leur plus vive opposition à cette démarche : MM. Jacques Briat (Tarn et Garonne) ; Jean Auclair (Creuse) ; Jean-Claude Beaulieu (Charente-Maritime) ; Gabriel Biancheri (Drôme) ; Ghislain Bray (Seine-et-Marne) ; Olivier Dassault (Oise) ; Lucien Degauchy (Oise) ; Jean Diebold (Haute-Garonne) ; Dominique Dord (Savoie) ; Gérard Dubrac (Gers) ; Guy Geoffroy (Seine-et-Marne) ; Alain Gest (Somme) ; Maurice Giro (Vaucluse) ; Jacques Godfrain (Aveyron) ; Didier Julia (Seine-et-Marne) ; Aimé Kergueris (Morbihan) ; Jean-Louis Léonard (Charentes-Maritime) ; Mme Henriette Martinez (Hautes-Alpes) ; MM. Daniel Prevost (Ille-et-Vilaine) ; Serges Roques (Aveyron) ; Michel Roumegoux (Lot) ; Francis Saint-Léger (Lozère) ; Jean-Pierre Soisson (Yonne).
Vous pouvez leur écrire à l’adresse suivante :
Assemblée
Nationale
Palais
Bourbon
75 007 Paris