Le 1er Forum algérianiste du livre au 33e congrès du « Cercle » : un succès remarquable


Réunir plus d’une centaine d’auteurs dont les œuvres ont un lien avec l’Afrique du Nord, et particulièrement avec l’Algérie, était une gageure à laquelle l’équipe nationale du Cercle algérianiste s’était attachée depuis plusieurs mois, en décidant d’organiser à Toulouse le 1er Forum algérianiste du livre.

Et le succès fut au rendez-vous!

Par ailleurs plus de mille deux cents congressistes participaient aux travaux annuels du Cercle. L’équipe locale du Cercle de Toulouse avait choisi d’installer ces rencontres dans le très moderne Centre des congrès Pierre Baudis, situé dans le centre de la « Ville Rose ».

En place dès le vendredi soir ou au petit matin du samedi 21 octobre, les écrivains, les libraires, les peintres, les exposants, ainsi que Dominique Baconnier qui présentait sa très colorée collection d’affiches originales provenant du fonds familial, virent arriver des participants venus de toutes les régions de France… et même du Japon d’où Aya Adachi, étudiante qui travaille sur l’histoire des Français d’Algérie, se déplace pour chaque congrès du Cercle.

Samedi matin dès 9 h 30, Thierry Rolando et Jacques Decroux déclaraient ouvert ce 33e congrès en accueillant les premiers participants installés confortablement dans l’amphithéâtre Saint-Exupéry.

Un film réalisé par le Cercle de Perpignan, « Les Algérianistes » ouvrait ce 1er Forum algérianiste du livre, rappelant ce que fut le mouvement littéraire créé à Alger dans les années 1920 par Robert Randau et Jean Pomier. Au travers d’une interview de Maurice Calmein, président fondateur, était évoquée l’évolution du Cercle algérianiste depuis sa création en 1971 jusqu’à nos jours.

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Suivirent ensuite les tables rondes : « L’émergence de la communauté des Français d’Algérie a-t-elle donné naissance à une littérature originale ? », animée par Yves Sarthe. Puis « Dans sa relation avec l’Algérie, la France est-elle condamnée à une repentance unilatérale ? », avec Thierry Rolando. Nous en rendons compte par ailleurs.

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Première séquence émotion avec l’interview de Just Fontaine. La remise du prix littéraire « Jean Pomier ». Jacqueline Baylé, représentant le maire de Toulouse, intervenait en rappelant sa participation à la création du Cercle avec Maurice Calmein dans les années 1973. Thierry Rolando rappelait nos exigences en matière d’expression mémorielle et notre ferme opposition à toute repentance. Enfin suivait l’intervention quelque peu chahutée d’Emmanuel Charron, président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés.

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Dimanche matin, les congressistes se retrouvaient pour la troisième table ronde : « L’après 1962 a-t-il provoqué l’éclosion d’une littérature d’exil au sein de la communauté pied-noire ». On en trouvera plus loin la relation.

Suivaient la remise des prix universitaires « Jeune Algérianiste », puis la deuxième séquence émotion, point d’orgue s’il en fut de ces deux journées : l’entretien accordé par l’écrivain algérien Boualem Sansal à Thierry Rolando et Pierre Dimech.

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Pendant que se déroulaient dans l’auditorium Saint-Exupéry les tables rondes, un grand nombre de congressistes parcouraient les allées du salon des écrivains, partageant avec eux, qui souvenirs, qui anecdotes ou découvrant l’histoire de tel épisode de la guerre d’Algérie, de tel village ou de la carrière de tel ou tel homme politique. Ici, les très beaux ouvrages sur les peintres d’Algérie de Marion Vidal-Bué ou du musée orientaliste de Narbonne, là le beau recueil de photos anciennes de Philippe Lamarque, les monographies de villes et villages d’Algérie évoquées au travers de souvenirs de jeunesse, ou bien la vie du « Crabe-Tambour » d’Élisabeth Escale.

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Cette rencontre était aussi l’occasion de rappeler les projets du Cercle algérianiste que sont le Mur des Disparus et le futur Centre de la présence française en Algérie. Une exposition présentait d’ailleurs ce futur Centre, ainsi que l’œuvre originale qui figurera au centre du futur mémorial des Disparus, entourée des noms des enlevés-disparus en Algérie entre 1954 et 1963. Les familles de disparus présentes à Toulouse ainsi que de très nombreux participants témoignèrent de leur attachement à ce projet et à la force du haut-relief qui sera réalisé en bronze. Rendez-vous fut pris pour l’inauguration de ce mur le 20 octobre 2007.

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En conclusion, il convient de constater que ce 33e congrès fut un grand succès sans doute grâce aux équipes du Cercle, dont la détermination à lutter contre tous ceux qui œuvrent pour priver notre communauté de son droit légitime à exprimer sa mémoire et son histoire, est inaltérable.


Suzy Simon-Nicaise

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