Cercle
algérianiste national
Fédération des Cercles
algérianistes
La Roche-sur-Yon, le 18 janvier 2007
Monsieur le
Député,
C’est avec une très
vive émotion que les adhérents du Cercle
algérianiste, à
l’image de ceux de nombreuses associations d’anciens combattants, de rapatriés d’Algérie et de
Harkis, ont pris connaissance de la proposition de loi, dont vous êtes cosignataire,
visant à élever au rang de journée nationale de commémoration de la
fin de la guerre d’Algérie, la date du 19 mars, alors même que le
gouvernement et le président de la République, que vous soutenez, ont
choisi celle du 5 décembre, initiative
que nous avons saluée.
Nous n’ignorons pas le
lobbying actif et les pressions qui sont très certainement à l’origine de votre
initiative et qui émanent d’une seule association d’anciens combattants, la
FNACA, qui, malheureusement, dans
ce domaine fait preuve bien souvent d’un sectarisme tout à fait déplorable.
Vous le savez, la date du 19
mars est pour nombre d’entre nous, Harkis et rapatriés d’Algérie en
particulier, une date sinistre qui marque le début d’une période de massacres sans
précédent visant plusieurs dizaines de milliers de compatriotes enlevés et
assassinés par le FLN.
Nous considérons cette
commémoration du 19 mars comme d’autant plus inacceptable que cette date est
contraire à la vérité historique puisque chacun sait que le cessez-le-feu n’a pas
été respecté en Algérie, et insultante pour les familles des milliers
de Pieds-Noirs disparus après avoir été enlevés par
le FLN, qui attendent que leur drame soit reconnu.
Le choix d’une date de
commémoration de la guerre d’Algérie doit rassembler la Nation dans le souvenir et
non pas attiser les passions et aviver les fractures.
Retenir le 19 mars pour des
considérations tout simplement électorales peut être considéré
par beaucoup et en premier lieu par un grand nombre d’anciens combattants qui ne partagent pas
les idées de la FNACA, comme
une provocation car cette date représente la négation des
drames et des douleurs
endurés, après les accords d’Evian, par une partie de nos
compatriotes.
Ce sont d’ailleurs les raisons
qui ont milité en faveur du choix, certes imparfait, mais préférable
à celui inacceptable du 19 mars, de la date du 5 décembre.
Nous voulons croire, Monsieur
le Député, que votre démarche à laquelle, comme bien d’autres, nous ne pouvons
souscrire est mue par le sentiment
de contenter toutes les parties mais nous craignons que cela n’ait l’effet inverse.
Nous ne pouvons en
conséquence que vous demander de réexaminer votre position et de nous préciser
quelles initiatives vous entendez prendre par ailleurs pour que le drame des
milliers de femmes, d’enfants et
d’hommes, parce qu’ils étaient tout simplement Français
d’Algérie, enlevés
par le FLN et à jamais disparus, puisse avoir dans notre pays
droit de cité.
Nous vous remercions de votre
réponse, à la lecture de laquelle nous serons très attentifs.
Nous vous prions
d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de
notre considération
distinguée.
Thierry
Rolando
Président national du Cercle
algérianiste
Association culturelle des
Français d’Afrique du Nord