Le cabotage sur les cötes algériennes avant 1962 (suite)Port d'attache: Alger
De 1910 à 1930 avec l'aménagement des ports secondaires, le trafic du cabotage côtier augmente d'une manière importante. Aux produits agricoles, vins, céréales, liège, crin végétal, produits de carrières (Herbillon, Collo, Cap Djinet, Fontaine-du-Génie) ou sable, s'ajoutent les marchandises diverses et les produits industriels. Seul le nombre de passagers diminue. Au cours de ces deux décennies, les ports ont été aménagés pour les rendre plus accessibles aux vapeurs, c'est le cas de Cherchell, Dellys, Ténès, Port-Gueydon, Collo, Herbillon. L'aménagement des ports de Philippeville, Djidjelli, Bône, Bougie, Mostaganem et Arzew, se poursuivant, permet même à des navires d'un tonnage plus important d'y accéder. Il n'est pas rare de voir un fret Bougie-Alger ou Philippeville-Alger soufflé par un navire au grand cabotage, venant de France et y ayant fait escale. En 1930, c'est le centenaire de l'Algérie. Une revue navale à laquelle plusieurs caboteurs. sous grand pavois, participent, a lieu. La flotte au cabotage côtier armé au port d'Alger se présente ainsi Ch. Schiaffino: "Finistère" 1158 tx,
"Prosper-Schiaffino" 490 tx,
"Ville-de-Ténès" 239 tx, "N.-D.
d'Afrique" 216 tx, "Actif" 781 tx,
"Ville-de-Tipasa" 369 tx. Le "Sig" de l'A.N.A. était attaché au port d'Oran Le "Finistère" est même un petit paquebot affecté à la ligne Alger-Bône. Avec l'augmentation de l'activité, les conditions de travail des équipages s'améliorent, les relations sociales se font plus tendues, des grèves auxquelles les armateurs répondent quelquefois par un black-out, se produisent, pour des augmentations de salaire, pour l'application de la loi de 48 h aux inscrits maritimes, ou lors du refus des matelots de manoeuvrer les treuils en dehors des ports, comme cela se faisait auparavant, impliquant d'embarquer les dockers nécessaires pour effectuer leurs manoeuvres.
L'effectif des équipages augmente. De sept hommes en 1920, il passe à onze en 1926, sur un même bateau. Et vers la fin des années vingt, en partie par suite des risques maritimes liés à ce mode d'exploitation, en partie à cause de l'augmentation du parc de camions, rendue possible par la création et l'amélioration des routes, le trafic des plages est pratiquement abandonné. Les plus petits des caboteurs seront vendus. Les camions-citernes les remplaceront bientôt.
C'est le moment où les dernières balancelles, qui ravitaillaient en sable les entreprises du bâtiment, disparaissent. Sable, qu'elles allaient chercher aux embouchures des rivières descendant de Kabylie, et d'autres montagnes : Réghaïa, Sebaou et O.Isser. Elles sont remplacées par l'"Aïn Bessem ", devenu l'"Alphonse-Liguori" armé pour la pêche au sable par son propriétaire. En 1934, la Cie Ch. Schiaffino a réalisé 224 entrées avec 68204 T transportés En 1939 la S.A N PA.N. (Schiaffino) n'affectait plus que trois bateaux : le "Ville-de-Tënès", "Ville-de-Tipasa" et le "N.D. d'Afrique, sur les lignes côtières contre six en 1830. L'Armement Nord-Africain, deux le "Zeramna" et "Les Issers" acquis en 1931 Les retations entre les armateurs au cabotage et les compagnies de navigation métropolitaines ou transméditerranéennes étaient une des conditions de leur avenir. < Mais que seraient devenues les caves de Dupleix, Novi, Zurich, Villebourg, Gourayà, Francis-Garnier ou autres, sans ces petits caboteurs ? Impensable aujourd'hui avec les trains, les autoroutes, les camions-citernes, d'imaginer ce que fut le transport des vins dans les conditions de l'époque." (Joseph Palomba) Seuls continueront à relier les ports secondaires les caboteurs d'un certain tonnage.C'est le moment où les dernières balancelles, qui ravitaillaient en sable les entreprises du bâtiment, disparaissent. Sable, qu'elles allaient chercher aux embouchures des rivières descendant de Kabylie, et d'autres montagnes : Réghaïa, Sebaou et O.Isser. Elles sont remplacées par l'"Aïn Bessem ", devenu l'"Alphonse-Liguori" armé pour la pêche au sable par son propriétaire.
En 1939 la S.A N PA.N. (Schiaffino) n'affectait plus que trois bateaux : le "Ville-de-Tënès", "Ville-de-Tipasa" et le "N.D. d'Afrique, sur les lignes côtières contre six en 1830. L'Armement Nord-Africain, deux le "Zeramna" et "Les Issers" acquis en 1931 Les retations entre les armateurs au cabotage et les compagnies de navigation métropolitaines ou transméditerranéennes étaient une des conditions de leur avenir. Les dernières années du cabotage La guerre de 1939-45 vit les caboteurs réquisitionnés, lors des hostilités, pour servir, soit de transport, soit de démineur, soit d'école de marins. Ils furent armés militairement. Parmi la trentaine de navires de commerce français qui furent coulés, ou partiellement détruits en Méditerranée du fait des hostilités, il faut noter deux caboteurs d'Alger le "Ville-de-Tipasa" réquisitionné par les Italiens sous le nom de "Magio", endommagé à Sousse puis remis en état, et l"Optimiste", ex "Ain-Bessem", ex-"Ville-de-Cherchell" également coulé à Sousse définitivement. Aussi, au lendemain de la guerre, par suite de la pénurie des gros cargos et de la diminution du parc automobile, les relations entre les petits ports et les grands ports de l'Algérie reprirent momentanément de l'importance. Et l'on retrouva à: la S.A.N.P.A.N.: les "Ville-de-Djidjelli", "Ville-de-Bougie", "Jeanne-Schiaffino", "Finistère", " Ville-de-Tipasa ", "Ville-de-Ténès " et " N.-D. d'Afrique ". et à l'A.N.A., le "Zéramna" et "Les Issers" En 1946, la S.A.N.P.A.N. vend le "Ville-de-Ténès" et le "Ville-de-Tipasa". L'armement Zagamé arme le "Galatée" de 646 Tx et 1000 t de port en lourd, mais c'est pour la France. En 1951, les caboteurs côtiers n'assurent plus la desserte des ports, ils sont vendus à l'exception du "Notre-Dame d'Afrique".
Les ports d'Arzew, Mostaganem, Ténès, Bougie, Djidjelli, Collo, Philippeville et Bône, grâce aux aménagements reçus sont devenus accessibles aux navires transméditerranéens.
Toutefois, durant la guerre d'Algérie, il fut nécessaire, en raison de l'insécurité des routes au travers des massifs montagneux, de rétablir quelques liaisons maritimes de cabotage. Deux navires furent affrétés pour les liaisons de l'Est algérien, par l'armement Siadoux de Marseille:le "Caramy" reliant Bône à Herbillon de 1956 à 1961, pour le transport des personnes, des messageries et du ravitaillement. le "Servanaise", avec le commandant Jacques Péchard, qui faisait deux rotations par semaine: une sur Philippeville, I'autre sur Djidjelli, avec arrêt au passage à Bougie. Navire de 500 tx ayant deux faux-ponts, avec des cabines aménagées, effectuant des transports de passagers, mais aussi de messagerie. sans oublier le "Régina-Pacis" (Commandant Gilbert) de Scotto Ambrosino d'Oran qui faisait la navette sur la côte ouest. C'étaient les derniers jours du cabotage côtier. Les voies de communication terrestres et les infrastructures portuaires laissées en Algérie, lors de notre départ, ne motiveront plus, pour les liaisons transversales est-ouest, de bateaux spécialement conçus pour cet usage. Tant que la sécurité intérieure de l'Algérie le permettra, des armements et des navires ordinaires pourront remplir les tâches commerciales qu'avait engendrées la présence française. Jacques THIBAUT Tx . Tonneau de jauge brute ou Tx J.
br.=2 m3 63 ou 1 000 pieds cube anglais de jauge brute, c'est la
capacité intérieure d'un navire exprimée en
tonneaux.Le port en lourd c'est la charge totale que peut prendre un
navire. Il s'exprime en tonnes - T. Références L'auteur remercie Mme Solange Perre-Bortolotti, M. André Cherfils, le capitaine Martinazzo, M Michel Palomba, MM. Jean Gassiot, Yves Pleven et Marcel Dimech, le capitaine Pierre Griffe, M. Claude Celerier, pour les témoignages qu'ils lui ont aimablement fournis pour la réalisation de cette étude. Autres sources La Dépêche Algérienne - L'Afrique du Nord illustrée. |