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![]() Pierre Blanchard |

Alexandre Blanchard est le fils d'un
de ces malheureux apprentis colons qui descendirent sur les canaux, de
Paris vers la Méditerranée, pour aboutir finalement en
1849
à
Robertville, village de colonisation naissant, à
25 km au sud-ouest de Philippeville. En 1865, il rejoint cette ville et
se fait engager par un mercier auquel il succède en 1888.
Secondé par une épouse très active, il
développe considérablement son commerce. Le couple
acquiert une certaine aisance et s'efforce de donner une bonne
éducation à ses enfants; ainsi Pierre (exactement
Gustave, Pierre), né le 30 juin 1896 à Philippeville,
fait de bonnes études; on raconte qu'il aimait jouer la
comédie avec un de ses camarades devant sa famille. Il voudrait
entrer dans la Marine. Pour cela, il va à Alger pour
préparer l’ Ecole des Officiers de la Marine Marchande. La
Grande Guerre survient et le voilà soldat dans les
tranchées. En 1916, à vingt ans, il est gazé
à l'ypérite. Sa vue est sérieusement
menacée et il ne se rétablit qu'après une longue
convalescence. Ses rêves de Marine s'envolent. A Paris alors, il
s'oriente vers l'art dramatique et entre au Conservatoire. Il en sort
avec le deuxième prix. Il est immédiatement engagé
au Théâtre Antoine (1919). On lui propose un rôle au
cinéma en 1921. Donc dès le départ, il
mènera une double carrière sous le nom de Pierre Blanchar
(sans le d).
Ce cinéma parlant, qui voit le
déclin définitif de tant d'acteurs du muet, donne au
contraire à la carrière de Pierre Blanchar un nouvel
élan. C'est qu'on découvre
sa voix aux nettes
articulations; ses silences alliés à son regard parfois
fixe, impénétrable, les expressions ambiguës de son
élégant visage font merveille dans les rôles de
héros tourmentés.
Son énergie ne le quitte pas.
Il enregistre des textes, des poèmes comme « Les fleurs du
mal » dans une interprétation remarquable. Mais c'est le
théâtre qui l'intéresse toujours autant, il s'y
fait remarquer dans des œuvres de Marcel Achard, Montherlant, Albert
Camus... Celui-ci le choisit pour le rôle principal des «
Possédés » (1959). À cette occasion, J.-J.
Gautier dans le Figaro
écrira: « Le
succès est avant tout dû à Blanchar ».
Il a été même, pendant une courte période,
pensionnaire à la Comédie française (1946-1947).
En 1960 il intègre la Compagnie Renaud-Barrault. Avec Camus, il
aime évoquer leur terre natale commune. Il entretient aussi des
relations d'amitié avec Edmond Brua.
à la villa de la plage Marquet, lieu qu'il affectionne
particulièrement. Mais sa vie professionnelle et sa vie
familiale le retiennent à Paris : marié à Marthe
Vinot, il a deux filles dont l'une, Dominique Blanchar, se fait
remarquer toute jeune dans le rôle d'Agnès des « Femmes
savantes » et devient une excellente comédienne
qu'on a eu le plaisir de voir dans « Les dames de la côte
». Il tourne encore en 1961 dans « Le monocle noir »
de Georges Lautner. Souffrant d'une tumeur au cerveau, il meurt le 20
décembre 1963.| En tant que réalisateur | |
| - 1942 « Secrets » | Pierre Blanchar |
| - 1943 « Un seul amour » | Pierre Blanchar |
| En tant qu'interprète: | |
| - 1919 « Papa bon coeur » | Jacques Gretillat |
| - 1922 « Jocelyn » | Léon Poirier |
| - 1923 « Aux jardins de Murcie » | René Hervil, Louis Mercanton |
| - 1923 « Geneviève » | Léon Poirier |
| - 1923 « Le juge d'instruction » | Marcel Dumont |
| - 1924 « L'arriviste » | André Hugon |
| - 1925 « La terre promise » | Henry Roussel |
| - 1926 « Le joueur d'échecs » | Raymond Bernard |
| - 1927 « La valse de l'adieu » | Henry Roussel |
| - 1928 « Diane » | Eric Waschneck |
| - 1928 « La marche nuptiale » | André Hugon |
| - 1929 « Le capitaine Fracasse » | Alberto Cavalcanri |
| - 1931 « La couturière de Lunéviïle » | Harry Lachman |
| - 1931 « Les croix de bois » | Raymond Bernard |
| - 1932 « L'Atlantide » | Georg Wilhelm Pabst |
| - 1932 « La belle marinière » | Harry Lachman |
| - 1932 « Mélo » | Paul Czinner |
| - 1933 « Au bout du monde » | Henri Chomette, Gustav Ucicky |
| - 1933 « Cette vieille canaille » | Anatole Litvak |
| - 1933 « Iris perdue et retrouvée » | Louis Gasnier |
| - 1933 « L'Or » | Karl Harti, Serge de Poligny |
| - 1934 « Crime et châtiment » | Pierre Chenal |
| - 1934 « Le diable en bouteille » | Heinz Hilpert, Reinhart Steinbicker |
| - 1934 « Turandot, princesse de Chine » | Serge Lamprecht, Serge Véber |
| - 1935 « Amants et voleurs » | Raymond Bernard |
| - 1935 « Les bateliers de la Volga » | Vladimir Strichewsky |
| - 1936 « L'homme de nulle part » | Pierre Chenal |
| - 1936 « Mademoiselle Docteur : Salonique, nid d'espions » | Georg Wilhelm Pabst |
| - 1937 « L'affaire du courrier de Lyon » | Maurice Lehrnann, Claude Autant-Lara |
| - 1937 « La dame de pique » | Fédor Ozep |
| - 1937 « L'étrange M. Victor » | Jean Grémillon |
| - 1937 « Un carnet de bal » | Julien Duvivier |
| - 1937 « Une femme sans importance » | Jean Choux |
| - 1938 « A royal divorce » | Jack Raymond |
| - 1938 « Le joueur » | Gerhard Lamprecht, Louis Daquin |
| - 1939 « L'empreinte du dieu » | Léonide Moguy |
| - 1939 « La nuit de décembre » | Kurt Bernardht |
| - 1941 « La neige sur les pas » | André Berthomieu |
| - 1942 « Pontcarral, colonel d'Empire » | Jean Delannoy |
| - 1942 « Secrets » | Pierre Blanchar |
| - 1943 « Un seul amour » | Pierre Blanchar |
| - 1944 « Le bossu » | Jean Delannoy |
| - 1945 « Patrie » | Louis Daquin |
| - 1946 « Le bataillon du ciel » | Alexandre Esway |
| - 1946 « La symphonie pastorale » | Jean Delannoy |
| - 1947 « Après l'amour » | Maurice Tourneur |
| - 1948 « Le bal de Cupidon » | Marc-Gilbert Sauvajon |
| - 1948 « Docteur Laennec » | Maurice Cloche |
| - 1949 « Mon ami Sainfoin » | Marc-Gilbert Sauvajon |
| - 1959 « Du rififi chez les femmes » | Alex Joffé |
| - 1959 < Katia » | Robert Siodmak |
| - 1961 « Le monocle noir » | Georges Lautner |